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24/11/2010

Les recensements : du feu à l'individu

Continuons, voulez-vous, notre balade à travers l’histoire de l’état civil de notre pays. Nous sommes toujours au début du XIXè siècle. Et toujours sous le Consulat. En 1801, Bonaparte organise le premier « dénombrement » exhaustif de la population française. Dénombrement, car, jusqu’en 1936, c’est ainsi que sont intitulés les recensements de la population.

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Le recensement de la population est l’une des opérations statistiques les plus anciennes de l’histoire. D'ailleurs, les mots « statistique » et "recensement" tirent tous deux leur origine du latin : « statisticus » signifiant « relatif à l’Etat » et "recensere" "passer en revue".

Les premières grandes civilisations ont pratiqué dès le IVe siècle des dénombrements de leur population. En France, le premier document relatif au dénombrement de la population d’une partie du territoire remonte au règne de Saint-Louis (1226-1270). A cette époque, la France comptait environ 10 millions d’habitants.

Mais ce n’est vraiment qu’à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle que les savants commencent à s’intéresser aux phénomènes de population. Née en Angleterre en 1661, cette nouvelle science, que l’Académie enregistrera en 1855 sous le nom de « démographie » gagne bientôt la France. Avec « l’Enquête » de Colbert (1664), puis la « Méthode générale et facile pour faire le dénombrement des peuples » de Vauban (1686), l’idée de faire des recensements à l’échelle du royaume s’impose progressivement dans notre pays. Après le Clergé, ce sont les nobles qui vont se soucier  de se compter, que ce soit pour échapper à l'impôt ou pour faire la guerre. De son côté, l'administration royale, désireuse de recenser les contribuables, entreprend régulièrement des opération de comptage de la population s’en tenant toutefois à la méthode ancestrale de recension des « feux » et non des individus (le mot « feux » est pris dans le sens « foyer » ou « famille »).  Pour estimer le nombre d’habitants, on appliquait un coefficient multiplicateur variant de 4 à 5.

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                                                                                             Lettre de Chaptal

Le premier recensement de l’ère moderne est issu de la loi du 22 juillet 1791. Préparé par Lucien Bonaparte, frère de Napoléon et Tribun (1775-1840) et Jean-Antoine Chaptal(1756-1832), ce recensement, dit de l’An VIII, prescrit par une circulaire du 16 floréal an VIII  (16 mai 1800), concernera l’année 1801. Il établit la population française d’alors à 33 millions d’habitants. Il faut savoir que si les maires devaient fournir un état de la population de leur commune, répartie entre hommes mariés, veufs, femmes mariées, veuves, garçons, filles (employé ici dans le sens de célibataire) et défenseurs de la patrie vivants, peu d’entre-eux établiront des listes nominatives, beaucoup se contenteront d’utiliser leurs registres d’état civil et la plupart enfin se satisferont d’évaluations approximatives, souvent bien au-dessous de la vérité…

Avec le recensement de 1836 débute véritablement la série des recensements dressés à base d’état nominatifs. On y trouve les Nom, prénoms, âge, date et lieu de naissance, sexe, statut matrimonial, profession, adresse, nationalité, situation dans le ménage (position de l’individu par rapport au chef de famille) et statut professionnel de chaque habitant de chaque commune.

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La périodicité quinquennale des recensements est entérinée par l’ordonnance du 16 janvier 1822. Elle a été respectée jusqu’en 1946, excepté pendant les années de guerre. Elle a finalement été abolie en janvier 2004, faisant du recensement de 1999 le dernier concernant tout la population à la même date.

Véritables mines d’or pour les généalogistes, les recensements de 1791, 1793 et 1795 sont conservés dans la série L des archives départementales. A partir de 1801, ils sont à rechercher en série M. Enfin, quelle que soit l’époque, ils se trouvent en série F aux archives communales.

Histoire à suivre…

Commentaires

Je vous approuve pour votre critique. c'est un vrai charge d'écriture. Développez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

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