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15/10/2010

Le dernier voyage de la Marquise...

15 avril 1764, Jeanne Antoinette d’Etioles, Marquise de Pompadour, n’est plus. La favorite du roi Louis XV, qui n’a que 42 ans,  a mesuré toutes les conséquences de la vie trépidante qu’elle a menée à l’ombre de son Bien-aimé.

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L’hiver a été très rigoureux. Alors qu’elle séjourne à Choisy, la marquise, déjà en mauvaise santé, a pris froid. Sujette à de sérieux troubles cardiaques, elle tente en vains de dissimuler sa maigreur pathétique sous des accumulations de voile. Mais le rouge et la poudre ne parviennent pas à masquer son visage décharné, marqué par une immense fatigue. En février, une pneumonie se déclare. Abattue par une forte fièvre, elle crache le sang, ce qui ne va pas empêcher ses médecins à procéder à des saignées répétées ! Cependant, en mars, contre toute attente, son état s’améliore et lui permet de revenir à Versailles et d’y retrouver le confort de ses appartements. Mais, dans la soirée du 7 avril, elle est victime d’une rechute alarmante. Le pire est à redouter. Le 14 avril, dans un dernier effort, elle ajoute un codicille au testament qu’elle a rédigé en 1757, fait ses adieux au roi et se remet aux mains des prêtres. Dans la nuit, le curé de la Madeleine, sa paroisse parisienne, la confesse et lui donne l’extrême-onction. Le 15 au matin, la mourante reçoit ses dernières visites, notamment celle de son frère Abel François Poisson, marquis de Marigny, le légataire universel de son immense fortune, puisqu’elle meurt sans descendance. Faisant preuve d’un courage admirable face à la douleur, elle renonce à toute vanité en refusant de changer de robe. C’est à sept heures et demie du soir qu’elle rend son dernier soupir.

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Depuis Louis XIV, le protocole veut que seuls les rois et les pinces de sang meurent à Versailles. Un privilège que Louis XV a cependant accordé à son « amie de vingt ans », montrant ainsi l’estime exceptionnelle dans laquelle il la tient. Toutefois, par respect des convenances, quelques minutes après son décès, son corps, enveloppé dans un simple drap en guise de linceul, est discrètement transporté dans son hôtel versaillais des Réservoirs, qui jouxte le château.

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                             Madame de Pompadour - H. Drouais - 1764

Ses obsèques auront lieu le 17 avril 1764 à l’église Notre-Dame dont l’intérieur a été entièrement tendu de noir. Le cortège funèbre se compose de 100 prêtres, 24 enfants de chœur, 42 domestiques de la défunte en livrée de deuil et 72  pauvres de la paroisse. A l’issue de la cérémonie, à 18 heures, le cercueil est placé dans un carrosse à dais ducal, attelé de 12 chevaux caparaçonnés de moire d’argent et précédé par 4 gardes suisses. La marquise doit reposer, selon son souhait, au couvent des Capucins de la place Vendôme, à Paris. La pluie et le vent n’empêchent pas le roi louis XV de sortir sur le balcon de la cour de Marbre du château pour regarder le cortège s’éloigner sur l’avenue de Paris. « La marquise n’aura pas beau temps pour son voyage » aurait-il dit…

Commentaires

Je vous vante pour votre paragraphe. c'est un vrai travail d'écriture. Développez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

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