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29/09/2010

"Va-t'en voir s'ils viennent?"

Voilà une vieille expression qui signifie « n’attentez pas qu’ils viennent ». Elle date de l’époque où les seigneurs partaient à la guerre abandonnant leurs épouses de longs mois, voire des années…  

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Celles-ci, restées au château, envoyaient fréquemment leurs domestiques sur la plus haute tour de celui-ci scruter l’horizon afin d’apercevoir si une troupe de gens d’armes se présentait au loin  « Va-t’en voir s’ils viennent !... »  Hélàs, comme Anne, ils ne voyaient rien venir…

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Pénélope, seule pendant les 20 années d'absence d'Ulysse !...

C’est ainsi que l’expression a pris un sens négatif.

Mais, allez-vous me dire, quel rapport avec les Normands et la Normandie ?

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Et bien voilà : vers 1728, Antoine Houdar de La Motte (1672-1731), fabuliste et dramaturge français, écrivit une chanson illustrant cette locution. Elle disait entre autres :

« Un Breton qui ne boit point,

Un Gascon tout bête,

Un Normand franc de tout point,

Un Picard sans tête,

Va-t’en voir s’ils viennent, Jean,

Va-t’en voir s’ils viennent !... »

Voulait-il insinuer que les Normands n'étaient pas francs ? Curieux personnage, n'est-ce-pas ! Qui ne connaissait certainement pas les Normands !!!

26/09/2010

Le canard à la rouennaise

«  A la Normandie, si riche en tant de choses, appartient le plus délicat, le plus fin, le plus gras, le plus savoureux, le plus opulent, le plus estimé de tous les canards de France et de Navarre. La merveille de la broche et la volupté de la table, c’est le canard de Normandie. C’est à croire que les navets ne poussent que pour lui faire cortège… Ses aiguillettes roses, que le citron relève, sont exquises, et ses cuisses, un peu grasses, triomphent dans ces daubes odorantes qu’adorait le vieux Corneille. » Jean-Camille Fulbert Dumonteil (1831-1912) – Ecrivain et chroniqueur gastronomique.

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Le canard de Rouen

Il ne faut pas confondre le canard au sang de la Tour d’argent, dont le premier fut servi en 1890 par l’illustre Frédéric, maître céans, et le canard à la rouennaise que préparait Henri Denise, chef de l’Hôtel de la Poste à Duclair (Seine-Maritime), dans les années 20. Bien que les deux recettes se ressemblent, le canard de la Tour d’argent est un canard vendéen de Challans, tandis que celui « à la rouennaise » est bien normand, de Rouen, issu d’un croisement de colvert en migration et de cane normande en mal d’aventure. Cependant, dans les deux cas, il s’agit d’une volaille étouffée, non saignée, rôtie et passée dans une presse à canard afin d’en extraire les sucs qui interviendront dans la préparation de la sauce au sang.

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La presse à canard

Selon la légende, la recette du canard à la rouennaise est née dans la campagne normande, près de Duclair. Une paysanne, qui élevait des canards en plein air, se rendait au marché du village pour les y vendre. Habitant sur la rive gauche de la Seine, elle empruntait pour ce faire le bac de Duclair. Mais un jour que celui-ci était particulièrement bondé, l’un de ses canards mourut par étouffement. Ne pouvant le vendre, elle ne voulut pas non plus se résoudre à le perdre ! Alors, elle le cuisina pour sa famille. Et de son infortune est née la recette savoureuse du canard à la rouennaise.

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Le canard à la rouennaise

Et comme d’habitude, pour les gourmands aux babines alléchées, la voici :

«  Se procurer un jeune canard, non saigné et préparer la sauce suivante : prendre 3 ou 4 gros oignons, les hacher et les mettre à cuire dans une ½ bouteille de bon bordeaux rouge, sel poivre, muscade. Laisser réduire doucement environ 4 ou 5 heures, les passer et piler de façon à ce qu’il reste environ une bonne tasse à th&é de sauce qui doit avoir l’aspect d’une légère purée. La tenir au chaud.

Faire rôtir le canard bien saignant, le découper, dresser les aiguillettes. Placer celles-ci et les cuisses du canard sur un plat chaud. Mettre de côté le foie, l’écraser très fin, l’ajouter à la sauve, piler la carcasse à la presse sauf le bateau qu’on aura réservé. Mettre le sang dans la sauce. Si l’oignon a donné un peu de goût de sucre, ajouter quelques gouttes de citron. Mettre la sauve au milieu du plat sur le bateau.

Passer le plat au four très chaud quelques instant au moment de servir ».

Bon appétit !

 

22/09/2010

Alexis de Tocqueville

"L'histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies..."

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Il descend de l’une des plus anciennes familles de vieille noblesse normande du Cotentin dont un des membres aurait combattu aux côtés de Guillaume le Conquérant à la bataille d’Hastings ! Alexis Charles Henri Clérel de Tocqueville est né le 29 juillet 1805 à Paris, dans le quartier de la Madeleine, rue de la Ville-l’Evêque, dans le 8ème arrondissement et dans un hôtel particulier aujourd’hui disparu.

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Acte ne naissance d'Alexis de Tocqueville

Troisième et dernier fils du Comte Hervé Clérel de Tocqueville, Pair de France, et de Louise Madeline Marguerite Le Peletier de Rosambo, il passe les neuf premières années de son enfance avec ses frères et ses cousins, Louis et Christian de Chateaubriand, entre Paris et  le château familial de Verneuil-sur-Seine (Yvelines), aménagé par ses parents en résidence d’été des plus aristocratiques. Il y reçoit une éducation classique et une instruction religieuse rigoureuse aux accents jansénistes.

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Portrait de jeunesse d'Alexis de Tocqueville

Après des études littéraires et juridiques, il entame en 1827 une carrière de juge auditeur au Tribunal de Versailles. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de celle qui allait devenir sa femme, une anglaise roturière et protestante élevée en France, Marie Mottley, qu’il épouse le 26 octobre 1835 en l’Eglise Saint-Thomas d’Aquin de Paris.

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Portrait de Marie Mottley

Auparavant, comme il n’était guère passionné par ce qu’il faisait, il démissionne de ses fonctions en 1833 puis est envoyé en mission aux Etats-Unis pour y étudier le système pénitentiaire. C’est à son retour, après s’être inscrit comme avocat, qu’il publie en 1835, son ouvrage « De la démocratie en Amérique » et qu’il entame une carrière politique. Elu député de Valognes (Manche) en 1839, puis constamment réélu ensuite jusqu’en 1851, il va même occuper temporairement à la demande du prince Louis-Napoléon et durant 5 mois en 1849 les fonctions de Ministre des Affaires Etrangères.

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Château de Tocqueville (Manche)

Héritier du château de Tocqueville situé dans le département de la Manche à 20 km de Valognes, et charmé par l’impression de sérénité et de tranquillité profonde que lui procure ce lieu, il s’y installe en 1836 avec son épouse qui devient dès lors la véritable intendante des lieux.   « J'ai soif de Tocqueville ; de notre solitude, de notre intimité, de notre tête-à-tête, de tout enfin ce qui fait le fondement réel de mon bonheur dans ce monde » lui écrit-il le 3 juillet 1842.

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Portrait d'Alexis de Tocqueville par  T. Chassériau en 1844

Il quitte la vie politique en 1851 et se consacre à sa deuxième œuvre majeure, « L’Ancien Régime et la Révolution » publié en 1856. Le normand qu’il est écrit alors à Monsieur de Loménie : « Je me suis remis sérieusement à mon livre et je bâtis une magnifique étable à cochons. Laquelle de ces œuvres durera plus que l’autre, hélas, je n’en sais rien en vérité ! »

La seconde partie de son ouvrage restera inachevée. Il meurt le 16 avril 1859 en convalescence à la villa Montfleury de Cannes (Alpes-Maritimes) où il s’était retiré six mois plus tôt avec son épouse pour soigner sa tuberculose. Il repose au cimetière de Tocqueville.

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Acte de décès d'Alexis de Tocqueville

L’œuvre d’Alexis de Tocqueville est perpétuée encore aujourd’hui aux Etats-Unis qui le considèrent comme un des plus perspicaces politologues de l’histoire de l’humanité.

Sa généalogie complète est sur http://www.geneastar.org