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23/03/2011

Le premier journal régional normand

Le premier journal régional normand est né le 4 juin 1762 à Rouen. L'hebdomadaire intitulé « Annonces, affiches et avis divers de la Haute et Basse Normandie », dirigé et rédigé par Etienne Vincent Machuel,  se composait d’une seule feuille laquelle, pliée en deux, donnait à chaque numéro 4 pages d’un format 18 x 24 cm. Paraissant tous les vendredis matin, jour principal du marché agricole et du marché aux toiles, ce journal d’annonces payantes avant tout, était vendu uniquement par abonnement (environ un millier d’abonnés) au prix de « 7 livres 10 sols franches de port dans toutes les villes de la province et du royaume », sauf à Rouen où il était porté à domicile depuis l’imprimerie Machuel, située « rue Saint-Lô, vis-à-vis la porte du Palais » dans une bâtisse du Moyen-âge qui sera détruite en 1900 (ce qui ramenait l’abonnement à 6 livres 10 sols !)...

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C’est en 1752 qu’Etienne Vincent Machuel, né à Rouen le 23 janvier 1719 d’une famille d’imprimeurs rouennais, ouvre son atelier. Alors qu’il est à la tête de 4 presses et de 14 compagnons, il a l’idée originale de mettre à la disposition du public de toute la province un journal d’avis commun où chacun pourra, dans l’un des 16 bureaux de correspondance installés dans les principales villes, et pour la somme de 12 sols,  annoncer biens, terres, maisons, charges, immeubles ou effets à vendre, volés ou perdus…  Il vise « les Gentilshommes retirés dans leurs Châteaux, les curés des campagnes, les personnes de cabinet, les négociants et autres, dont les affaires consomment tout le temps et les empêchent de sortir, et tous ceux qui vivent éloignés des villes. »

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A côté des annonces payantes, on trouve bien d’autres rubriques de service : météorologie, cours des grains, des changes, jardinage, mouvements de bateaux des ports de Rouen et du Havre, etc… mais aussi l’actualité rouennaise. Ainsi, on y apprend qu’en 1768, la ville va remplacer l’éclairage public à la chandelle par des réverbères à huile.

Et si, à cette époque, on ne connaît pas les mots croisés, la part du récréatif et de l’insolite n’en est pas oubliée pour autant. Aux côtés d’énigmes et des charades poétiques, il est proposé des « logogriphes », sortes de devinettes dont le but est de faire découvrir un mot qui se décomposera en plusieurs autres. Comme dans cet exemple : « Des humains j’enferme le corps, si vous m’ôtez un pied, je suis unique en France. Rétablissez mon tout, tranchez ma tête, alors vous m’y voyez en abondance ? *»

On y trouve aussi de la publicité pour des remèdes soi-disant inégalés, guérissant tous les maux, des noms de commerçants ou praticiens itinérants vantant des produits miracles…

Le 17 août 1781, le journal annonce le décès d’Etienne-Vincent Machuel « doyen des Imprimeurs-Libraires de cette ville et éditeur de cette feuille » avec cette nécrologie : « Né avec un cœur droit et bon on ne le vit jamais faire le moindre mal à personne. Son plaisir était d’obliger. Il ne devait avoir que des amis mais trop de confiance accompagne ordinairement la droiture et il se trompa quelquefois et prit pour tels de ces hommes qui ne méritent pas ce titre ».

Quant à son périodique, il laissera sa place en décembre 1784 au  «Journal de Normandie ».

* Avez-vous trouvé ? C'est la « peau » dont il s’agit, qui se décompose en « Pau » et « Eau ». 

 

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