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10/11/2010

Conté : un crayon normand !

On a tous écrit un jour avec un crayon Conté, sans savoir au demeurant s’il s’agissait d’une marque ou d’un nom.

Crayons Conté.jpg

En fait, c’est le nom de son inventeur, Nicolas Jacques Conté, un normand né d’une famille modeste à Saint-Céneri près de Sées (Orne) le 4 août 1755, qui va très tôt manifester des dons manuels exceptionnels notamment pour le dessin. 

Acte de Bapteme.JPG    Acte de baptème de Nicolas jacques Conté le 4 août 1755 à St-Céneri-près-de-Sées (Orne)

Ceux-ci sont remarqués par l’Evêque de Sées qui va le charger de décorer son église, ce qu’il fait avec un tel succès que les commandes de portraits affluent aussitôt. Ce passe-temps lucratif lui permet de poursuivre ses études de physique et de mécanique. Il doit avoir 25 ans environ quand, avec sa femme, d’origine distinguée mais au moins aussi pauvre que lui, il décide de monter faire fortune dans la Capitale où durant une dizaine d’années, tout en vivant de ses portraits, il va continuer d’étudier. Nicolas Jacques C onté.jpg

En 1789, la France, attaquée de toutes parts, a un urgent besoin de toutes les compétences. Comté va enfin pouvoir donner la pleine mesure de ses talents. Il est nommé directeur de l’école aérostatique de Meudon. Dans cet art nouveau où tout est à créer, il se dépense sans compter. Il dresse des plans, réalise des expériences parfois dangereuses, invente des instruments nouveaux, les fait exécuter par ses élèves. Un jour qu’il étudie l’effet produit par des gaz différents sur des vernis, un courant d’air entraîne l’hydrogène contenu dans une cornue sur la flamme. C’est l’explosion dans laquelle il va perdre l’œil gauche. A peine remis de ses blessures, il est nommé commandant en chef de tous les corps d’aérostiers. C’est l’époque de la création du Conservatoire des Arts et Métiers de la rue Saint-Martin dont avec Vandermonde, Leroy et Joseph Montgolfier, il est l’un des fondateurs.

La guerre a rendu les crayons rares et chers. A l’époque, on ne sait utiliser que la plombagine, carbure de fer, un graphite très pur extrait dans le Comté de Cumberland en Angleterre. Avec le blocus économique auquel est soumis la France en 1794, l’agence des mines, consultée par le gouvernement, charge Conté d’inventer une mine de crayon ne nécessitant plus de matières premières d’origine étrangère. Conté se met au travail et remplace le métal manquant par de la plombagine artificielle (mélange d’argile et de graphite) de son invention. Ayant obtenu un brevet pour cette invention le 3 janvier 1795, il élève en moins d’un an la manufacture de crayons qui portent son nom, les « Crayons Conté ».  

Regny-usine-des-crayons-CONTE.jpg

Comme chef des aérostiers, il doit suivre l’armée en Egypte où Bonaparte a emmené avec lui des savants. Notre normand va une fois de plus montrer son savoir-faire et son immense talent. Comme tout le matériel envoyé de France a disparu, avec l’aide d’ouvriers adroits formés par lui, il recrée tout. Des fonderies s’élèvent. On y fabrique aussi bien des caractères d’imprimerie, de la poudre, de la monnaie… L’armée manque d’uniformes, Conté fait fabriquer du drap, mais aussi des instruments de chirurgie, des  sabres, des lunettes astronomiques, …

Nicolas Jacques Conté s’est éteint à Paris le 6 décembre 1805 à l’aube de son cinquantième anniversaire. Sa courte vie a été remplie plus qu’une autre. Aussi désintéressé qu’ingénieux, il ne tira profit que de l’invention de ses crayons. L’entreprise Conté a été achetée en 1979 par le groupe Bic, actuel propriétaire de la marque. 

                                  

Commentaires

Je vous vante pour votre article. c'est un vrai exercice d'écriture. Développez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

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