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19/09/2010

Festival Normandie impressionniste - Les escapades de Seurat

On ne peut pas dire que le peintre Georges Seurat ait été un habitué des paysages normands. Né dans la capitale, rue de Bondy, le 2 décembre 1859, il va préférer croquer la Seine plus en amont, dans sa portion parisienne. Par sa remarquable Baignade à Asnières, exécutée en 1884, c’est-à-dire à seulement 25 ans, il se fait exclure du Salon des peintres officiels mais trouve grâce auprès des avant-gardistes de la Société des artistes indépendants. On reconnut dès lors le talent de ce jeune peintre discret, cultivé, portant haut-de-forme et redingote, que Degas surnommait avec une certaine pointe de cynisme « Le Notaire ».

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                                                      Georges Seurat en 1888

Quoi qu’il en soit, Georges Seurat était attiré par les bords de Seine. C’est en 1885 qu’il réalise l’œuvre majeure qui va le rendre célèbre. Dans son « Dimanche après-midi  à l’Ile de la Grande Jatte », il expérimente une théorie picturale nouvelle où les contrastes de l’ombre et de la lumière sont admirablement répartis dans l’espace et où les couleurs ne sont pas mélangées mais juxtaposées sur la toile.

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                       « Un dimanche après-midi à l’Ile de la Grande Jatte » - 1885

Lors de la huitième et dernière exposition du groupe impressionniste de 1886, cette toile va susciter de vives discussions tant elle se démarque des autres réalisations, et pas seulement en raison de son grand format, inhabituel pour un tableau impressionniste, mais aussi du fait de son traitement pictural, radicalement nouveau. La toile est entièrement recouverte de points de couleur uniformément distribués en lieu et place des légères touches de pinceau des impressionnistes.  

Et c’est cette technique qu’il va appliquer sur les toiles qu’il peint lors de ses escapades en Normandie. Il pose d’abord son chevalet à Honfleur, autour du vieux-bassin, et y reproduit les chaluts de pêche qui rentrent au port.

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                            « Port-en-Bessin, avant-port (marée haute) » - 1888

Puis, en 1888, il tombe sous le charme de la pittoresque jetée de Port-en-Bessin, petit village de pêcheurs situé non loin de Caen, qu’il immortalise en se plaçant sur les hauteurs.

Emporté par la diphtérie, il s’éteint à 31 ans, le 29 mars 1891. Au cours de sa brève existence, il aura dépassé avec détermination l’immédiateté « romantique » de la peinture impressionniste. Pourtant, la théorie picturale qu’il avait imaginée et expérimentée ne trouva pas de successeur direct. L’effet de couleur et de lumière qui se dégageait de ses tableaux inspira toutefois les jeunes « fauves » qui vont évoluer autour de Matisse.

Ainsi s'achève mon clin d'oeil personnel à ce festival magnifique qui a attiré des milliers de visiteurs en Normandie. Que les amateurs se rassurent, une nouvelle édition est en projet pour 2012-2013 !

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