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01/08/2010

Une sainte pas très catholique !

Même si nombreux sont les saints officiels de l’Eglise catholique, il faut croire qu’ils n’ont pas suffit aux besoins des fidèles ! La piété populaire s’est nourrie depuis le Moyen-âge de saints et de saintes créés à l’occasion, dans un esprit de sérieux absolu ou par un clin d’œil facétieux.

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Bonne Sainte Fainéante, protectrice des paresseuses – Image d’Epinal, vers 1850

Parmi ces saints inventés de toutes pièces, il y a sainte Fainéante, saint Grelottin, célébré en hiver par les bûcherons des environs de Rambouillet,  saint Glin-Glin, saint Frusquin, ou encore saint Soulard.

L’une des plus connues est sûrement la patronne de celles qui jouent les prudes, de celles qui prétendent ne pas vouloir « y toucher » : la célèbre sainte Nitouche.

L’expression remonte à Rabelais qui l’utilise dans Gargantua en 1534. Mais elle était déjà dans l’air. Dans le Monologue du Puys, attribué au poète Guillaume Coquillard fils (mort en 1510), on lit : « Elle fait un tas de minettes ; On dit : cette femme n’y touche. »

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Mathurin Régnier (1573-1613) – gravure du XIXe siècle

Le terme qualifie aussi parfois des hommes. Mathurin Régnier, poète satirique mort à Rouen le 22 octobre 1613, dresse le portrait d’un homme résolu en amour dans son Discours d’une vieille maquerelle : « Il était ferme de rognons / Non comme ces petits mignons / Qui font de la sainte Nitouche / Aussitôt que leur doigt vous touche. »

L’étymologie de cette expression attire les grammairiens. En 1672, Gilles Ménage note doctement : « Nitouche est une corruption de « n’y touche », composé de la particule « n e », de l’adverbe local « y », et de « touche » impératif ou indicatif du verbe « toucher ». Ainsi Rabelais a-t-il dit sainte Nytouche. »

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Cette sainte eut une destinée littéraire : Delly, en 1912, intitule l’un de ses romans populaires à succès Sainte Nitouche (et y invente le mot « nitoucherie »).

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Et une destinée cinématographique « Mam’zelle Nitouche », tourné en 1953 par Y. Allégret avec Fernandel et Pier Angéli.

Bibliographie : « Dictionnaire thématique et géographie des saints imaginaires, facétieux et substitués… » - J. E. Merceron – paris – le Seuil, 2002.

 

 

08:54 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je vous complimente pour votre critique. c'est un vrai charge d'écriture. Continuez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

Les commentaires sont fermés.