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07/07/2010

Festival Normandie impressionniste - Ce "Cauchemar" de Cathédrale !

C’est bien en Normandie que s’est joué l’un des actes les plus passionnants du grand opéra impressionniste, cette envie de peindre « autrement », loin des canons académiques. En Normandie, et notamment à Rouen, sur ses quais, ses ponts et surtout sur sa Cathédrale baignée de cette lumière particulière qui la transfigure selon les heures du jour.

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Claude Monet - Autoportrait

Février 1892 : Claude Monet, parisien de naissance, mais normand de cœur ayant grandi au Havre, quitte provisoirement son cher Giverny (Eure) où il s’est installé dès 1883, pour s’installer dans la Capitale Normande à l’Hôtel d’Angleterre situé Cours Boïeldieu. Il vient y réaliser une série de tableaux sur la Cathédrale ou plus précisément sur sa façade.

C’est dès la fin des années 1880, qu’il s’est mis à peindre certains motifs à maintes et maintes reprises, mettant ainsi essentiellement l’accent sur les phénomènes optiques. En se focalisant sur un même objet, il étudie l’effet des variations météorologiques et saisonnières ainsi que les changements de luminosité.

Mais, capter les différentes lumières du jour sur l’édifice de dentelles de pierre qu’est notre cathédrale est un véritable défi ! « C’est une rude besogne que j’entreprends là !... Songez, écrit-il à sa future femme, Alice Hoschedé,  que je me lève avant 6 heures et suis au travail à 7 heures jusqu’à 6 heures et demie le soir, tout le temps debout ! … » Et dès lors, il ne va plus penser plus qu’à cette Cathédrale, vue sous des angles légèrement changeants. A travers une fenêtre, puis une autre, il s’acharne à saisir les variations lumineuses, cherchant la légèreté immatérielle de la lumière, jusqu’à s’en rendre malade.

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En avril, après avoir achevé 11 Cathédrales, il rentre à Giverny, totalement épuisé mais surtout découragé et mécontent de ce qu’il a fait. A tel point qu’il va lui falloir une année entière pour reprendre force !

Obstiné, de retour à Rouen à la mi-février 1893, il est bien décidé à se frotter à « cette mâtine de Cathédrale » qui lui donne tant de mal mais qu’il perçoit au fond de lui comme un sujet admirable. Il travaille sans relâche et simultanément sur 9 à 14 toiles afin de pouvoir réagir immédiatement aux changements de luminosité.

De retour à Giverny, il s’avoue simplement « moins mécontent que l’an dernier ».

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Pourtant, ces tableaux vont faire partie des chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art. Toutes les Cathédrales, quand elles sont datées, le sont de 1894 alors qu’elles furent exécutées en 1892 et 1893. L’ensemble représente 26 toiles auxquelles il convient d’ajouter les deux premières qu’il fit de la cathédrale vue de la Cour d’Albane. Exposées en 1895, elles connaissent une juste renommée. Leur matière épaisse et triturée, qui confine à l’abstraction, dévoile une modernité que Monet poussera au paroxysme quelques années plus tard dans son ultime série, celle des Nymphéas, et qui ouvrira la porte au paysagisme abstrait.

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Claude Monet (1840-1926)

Après des années d’angoisse existentielle, Claude Monet va enfin connaître le succès qu’il mérite. Sa peinture est dès lors internationalement reconnue, ses Cathédrales exposées dans les plus grands musées du monde. L’impressionnisme est bien né en Normandie !

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