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12/06/2010

Il y a un siècle, le "Pourquoi Pas" fait escale à Rouen

Eté 1910 : dimanche 5 juin. La ville de Rouen est en liesse. Sur les quais de la Seine, la foule se presse, s’agite, s’impatiente… Enfin il arrive, il est là, il est à quai. Qui ? Mais le « Pourquoi Pas  », ce magnifique trois mats de 40 mètres de long, doté d’une puissance de 450 cv et de 825 tonneaux, de retour de l’expédition polaire menée en Antarctique par son Commandant, Jean-Baptiste Charcot, lequel a choisi notre capitale normande pour faire ses premiers pas officiels de retour sur le sol français.

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Le "Pourquoi Pas" IV

Le « Pourquoi Pas » doit son nom au fait que, dans son enfance, le jeune Jean-Baptiste répondait volontiers « pourquoi pas ? » à ceux qui doutaient de sa volonté de devenir marin et explorateur des terres polaires. Et ils avaient tort ! Car après de brillantes études de médecine, abandonnant une responsabilité de chef de clinique à l’hôpital de la Salpêtrière de Paris, Charcot concrétise ses rêves  et choisit de se consacrer totalement à l’exploration maritime et océanographique.

La France est à cette époque complètement absente des régions polaires. L’antarctique est un continent qui reste à découvrir et à étudier. Jean-Baptiste Charcot décide d’y consacrer son temps, ses forces, son énergie et aussi l'argent qu'il vient de recevoir de l’héritage de son père.

Le 15 août 1908, c’est du Havre que le "Pourquoi Pas", quatrième du nom, son commandant, Jean-Baptiste Charcot et son équipage partent en direction de la côte sud Américaine. Le 1er décembre, le détroit de Magellan est franchi, puis le cap Horn. Ensuite, c’est la rencontre avec les premiers icebergs aux trajectoires changeantes et incertaines.  Le 14 janvier 1909, le navire atteint la limite des terres connues.

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Jean-Baptiste Charcot (1867-1936)

Il faut se souvenir qu’à cette époque il n’y avait ni assistance technique à terre, ni aucune prévision météorologique, pas non plus de GPS ou de radar.  Il fallait donc une bonne dose de courage pour s’attaquer dans ces conditions à un continent hostile et quasiment inconnu.

L’hiver 1909 va être épuisant pour tout l’équipage pris dans l’enfer des glaces.  La température descend jusqu’à – 70° C. Le commandant et un certain nombre de ses coéquipiers souffrent du scorbut. Pourtant, le travail scientifique se poursuit ainsi que les explorations des terres nouvelles. Après avoir atteint la terre Alexandra, l’équipage découvre l’île qui portera le nom de « Terre de Charcot ».

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Le Commandant Charcot à bord de son navire

En novembre 1909, sa mission achevée, le navire rentre en France.  L’accueil que les normands vont lui réserver est à la hauteur de l’exploit réalisé : 2000 km de côtes et de terres nouvelles découvertes, la rédaction de plusieurs cartes, une étude des marées sur 225 jours, de nombreux échantillons de prélèvements d’eau, des courbes de températures, des traités sur le magnétisme terrestre, les radiations solaires ainsi qu’une étude zoologique complète sur la faune polaire.

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Jean-Baptiste Charcot, né à Neuilly-sur-Seine, le 15 juillet 1867, qui avait épousé en premières noces la petite-fille de Victor Hugo, Jeanne Hugo, périra en mer le 16 septembre 1936 ainsi que 39 membres de son équipage, à bord de son navire, au large des Côtes Islandaises, victime d’une tempête qui aura duré 12 heures. Il est enterré au cimetière Montmartre à Paris.

10:47 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je vous félicite pour votre critique. c'est un vrai charge d'écriture. Continuez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

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