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26/05/2010

Le XVIIIe siècle et l'Edit de Versailles

 

Continuons notre balade à travers l’histoire de l’état civil dans notre pays. Nous sommes maintenant au XVIIIe siècle. Louis XV, régnant sur notre pays, va prendre deux mesures d’importance. La première, le 9 avril 1736 en signant le premier acte législatif français consacré exclusivement aux registres de catholicité. L’article premier de cette déclaration royale rappelle aux curés que « dans chaque paroisse du royaume, il y aura deux registres, réputés tous deux authentiques et feront également foi en justice. »

La seconde, le 12 juillet 1746 en décidant que les registres de sépultures seront tenus séparément et ce, afin que les contrôleurs des Domaines puissent en avoir communication sans difficulté.

Mais la mesure phare de ce siècle est sans nulle doute la signature, le 7 novembre 1787 par le roi Louis XVI de l’Edit de Versailles, un édit de tolérance qui concernait « ceux qui ne font pas profession de la religion catholique » et qui va mettre fin aux registres du désert, ces registres clandestins tenus par les protestants après la révocation de l’édit de Nantes en 1685.

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Edit de Tolérance de Versailles (1787) signé par le rois Louis XVI

 

Revenons quelques années en arrière. C’est de la moitié du XVIe siècle que datent les premières actions des réformateurs qui menèrent à la création de nouvelles Eglises, connues aujourd’hui sous le vocable de « protestantes ». Organisé en 1559, le culte réformé fut aussitôt interdit. Cependant, lors du premier synode national réuni cette année là, les autorités de l’Eglise réformée avaient engagé les pasteurs à inscrire et garder les noms des baptisés, de leurs parents et parrains. En 1563, l’Edit de pacification d’Amboise va permettre aux huguenots de faire baptiser leurs enfants par les ministres de leur culte en stipulant en outre que les « juges des lieux de la nativité » les enregistreraient.

De ces registres paroissiaux tenus par les pasteurs réformés, seulement un très petit nombre d’entre-eux arriveront jusqu’à nous.

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Signature de l'Edit de Nantes

 

Ce n’est qu’après la promulgation de l’édit de Nantes, signé par le roi Henri IV le 13 avril 1598,  que le culte réformé va être beaucoup plus largement autorisé. Cet édit rendait valides les actes célébrés par les pasteurs protestants et les nouveaux nés protestants devaient donc être inscrits sur les registres catholiques.

 

Après la mort de Mazarin en 1661, le roi Louis XIV inaugure une politique de restrictions progressives qui s’achèvera par de brutales persécutions et surtout la révocation de l’édit de Nantes en octobre 1685. Déjà, devant les réticences exprimées pendant plus d’un siècle tant du côté catholique que du côté protestant, d’enregistrer les nouveaux nés protestants sur les registres catholiques, le 22 septembre 1664, le Conseil d’Etat décide de faire obligation aux pasteurs de constater et d’enregistrer l’état civil de leurs propres ouailles. A partir de 1685, les réformés n’ont plus d’existence légale. Et, pendant plus d’un siècle, jusqu’en 1787, même si certains vont se convertir, que d’autres vont s’exiler, la majorité d’entre eux va continuer à pratiquer leur religion en secret.

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Registre de mariages de l'église réformée de Saint-Maixent (1659-1668)

Durant cette période dite « du désert » en raison des lieux isolés où se tenaient les cultes clandestins, des pasteurs itinérants vont célébrer de nombreux baptêmes et mariages qu’ils ont consignés sur des registres.

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Cultes clandestins pendant la période du désert

 

L’Edit de Versailles signé en 1787, s’il confirme bien la religion catholique comme religion officielle du Royaume de France, permet aux personnes non catholiques de bénéficier de l’état civil sans devoir se convertir (ou faire semblant). Les réformés font désormais inscrire les naissances, les mariages et les décès dans les registres paroissiaux. L’Edit les incite en outre à faire réhabiliter devant les curés ou les officiers de justice les unions contractées avant cette date. Pour ce faire, il est demandé aux personnes mariées de faire une déclaration devant le juge ou le curé, disant depuis quand elles sont mariées et donnant les dates de baptêmes protestants des enfants nés, ainsi que le décès éventuel d’un des conjoints.

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C’est là une étape d’importance dans la pacification religieuse de notre pays qui signe officiellement la fin des persécutions.

 

Histoire à suivre…

 

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