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28/04/2010

Le Pont-l'Evêque, doyen des fromages normands

« Un dessert sans fromage est une belle à qui il manque un œil. »

Brillat-Savarin

Il est le doyen des fromages normands et c’était le préféré de mon père.

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Le Pont-l’Evêque un fromage à base de lait de vache, à pâte molle, qui cache sous sa croûte lavée de couleur beige orangée une saveur plus délicate que ne le laissent supposer ses effluves.

Il aurait été créé au XIIe siècle par des moines cisterciens installés à l’Ouest de Caen et connu alors sous le nom d’ « Angelot » puis d’ « Augelot », du nom du Pays d’Auge dont il est originaire.

Guillaume de Lorris fait ainsi mention de ce fromage dans le « Roman de la Rose » en 1225 « Les bonnes tables étaient toujours garnies au dessert de fromages angelots ».

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Miniature illustrant le Roman de la Rose

Ce terme d’angelots, qui par la suite désignera aussi d’autres fromages normands, vient du nom d’une pièce de monnaie. Car à l’époque, le fromage servait de moyen d’échange, de rémunération et d’impôts ! Le fromage, dont la production est attestée en Normandie dès le Xe siècle, est utilisé à cette époque comme dîme !

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Moule à fromage en céramique représentant la monnaie anglaise "Angelot"

Au XVe siècle, les angelots sont les fromages les plus réputés du royaume de France.

Ce n’est qu’au XVIIe siècle qu’il va prendre le nom de la petite cité du Calvados située entre Deauville et Lisieux, où il est fabriqué et renommé. Hélie le Cordier (1615-1684), écrivain normand, publie en 1622 un poème en 16 chants en l’honneur du Pont l’Evêque dont provient la célèbre phrase « Tout le monde également l’aime car il est fait avec tant d’art que, jeune ou vieux, il n’est que crème ! ».

Au XVIIIe siècle, la notoriété du Pont l’Evêque dépasse nos frontières. Dès 1722, de Masseville souligne le fait que les fromages provenant de la région de Pont-l’Evêque « sont fort estimez et transportez en divers païs ».

PONT L'EVEQUE.gif

Fabriqué dans les fermes avec du lait à peine trait, on dit que certaines fermières particulièrement scrupuleuses vont jusqu’à le faire , ou tout au moins commencent sa fabrication, à chaque traite, c’est-à-dire trois fois par jour.

Sa période de dégustation optimale s’étale de mai à septembre après un affinage de 4 à 6 semaines, mais il est aussi excellent d’avril à novembre. Depuis 1972, il bénéficie d’une A.O.C.

Il se déguste également en entrée, et pour tous les normands (et les autres) aux babines alléchées, voici une recette simple et savoureuse, à consommer sans modération :

 

« Garnissez une tourtière de pâte brisée assez fine. Retirez soigneusement la croûte d’un Pont-l’Evêque bien fait et découpez celui-ci en lamelles régulières. Battez en omelette 4 œufs. Ajoutez un petit pot de crème fraîche épaisse. Salez modérément (en tenant compte de la propre salaison du fromage) ; Tapissez le fond de la tourtière des lamelles du fromage). Versez la préparation dessus et enfournez aussitôt dans un four bien chaud. Poursuivez la cuisson pendant une petite demi-heure. Servez l’entrée brûlante accompagnée d’une salade du jardin et d’un cruchon de cidre ! » Bon appétit !

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Commentaires

Bonjour,

Votre blog est une vraie source précieuse d'information utile ! Tant de choses intéressantes. Merci. J’apprécie énormément.

Alexandra.

Écrit par : Alexandra | 17/10/2010

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