Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/05/2010

Petite histoire du Livre de Messe

Le livre de messe est né avec la traduction des offices en français, tout au début du XVIIe siècle. Son véritable essor a commencé en 1660 lors de la publication du « Messel romain selon les règlements du concile de Trente, traduit en français avec l’explication de toutes les messes et de leurs cérémonies pour tous les jours de l’année. » Ce terme de « messel », utilisé dès le XVIe siècle, restera en concurrence avec celui de « Missel » jusqu’à la fin du siècle suivant.

SACRAMENTAIRE.jpg

Deux pages du Sacramentaire de Hildoard, Evêque de Cambrai - Début du IXe siècle

Le nom de « Missel » remplaça celui de « Sacramentaire » vers le XIIe siècle, époque à laquelle on commença à donner aux curés des églises les plus pauvres des missels pléniers contenant toute la liturgie de la messe. L’usage en devint général au XVIIe siècle. Livre liturgique, il contient toutes les informations (chants, lectures, prières et même gestuelle) pour mener une messe.

Il faut se souvenir que jusqu’au XVIIe siècle et même un peu au-delà, les laïcs ne suivaient pas la messe comme on participe aujourd’hui à ce qu’on nomme improprement « la célébration ». Ils avaient le choix entre réciter des psaumes, dire leur chapelet ou lire les « Heures », livres manuscrits d’abord et enluminés pour la plupart et dans lesquels ils trouvaient le réconfort de la prière.

Heures_P_de_rohan_1.jpg

Livre d'Heures qui aurait appartenu à Pierre Rohan (1451-1513)

L’habitude avait été prise de dissocier la communion de la messe, et la participation des fidèles aux prières des célébrants n’existait pas. Certains courtisans à Versailles n’hésitaient pas ainsi à lire durant l’office des ouvrages libertins, dissimulés dans des reliures à la pieuse apparence.

S’il existe deux modèles de Missel,  le Missel d’autel destiné à l’usage du célébrant et le Missel paroissien, destiné au fidèle, du point de vue du contenu, il n’y a pas de missel unique ou uniforme, mais autant de missels qu’il y a de rites dont la liturgie eucharistique suppose le recours à un tel ouvrage : la plupart des diocèses et des ordres religieux ont eu leur missel particulier, avec de surcroît plusieurs éditions. La revue « La Maison-Dieu » publia en 1947 une enquête sur les missels : onze maisons d’éditions y avaient répondu, totalisant 437 modèles différents, parmi lesquels le classique bien sûr, le « Missel romain », mais aussi « Le Paroissien complet », « Les Heures de Lyon », « Le Missel de Jeanne d’Arc », « Le Missel du Christ-Roi », « Le Missel des Croisades » et même « Le Missel du Cheminot Catholique ».

MISSEL.JPG

"Paroissien de Rouen" reçu par ma grand-mère, Blanche Bénard (sosa 7) à l'occasion de sa première communion en 1912

Le Missel, objet de piété par excellence, connu son âge d’or au XIXe siècle : chaque enfant en recevait un à l’occasion de sa communion solennelle. Les éditeurs vont apporter à la présentation et à la décoration de ces livres-objets un soin particulier. Ils étaient cadeaux et souvenirs « C’est l’époque des premières communions, l’époque où les beaux livres de piété de la Librairie Belin-Prieur et Morizot sont offerts à toutes les jeunes filles. Quelle joie éprouve chaque communiante en recevant de la main de ses parents un de ces recueils de prières qui attendrissent son âme et qui charment ses yeux par l’élégance de la couverture de velours bleu ou blanc, à fermoir d’argent… » peut-on lire dans « les Modes parisiennes » en 1856.

08:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je vous complimente pour votre éditorial. c'est un vrai œuvre d'écriture. Développez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

Les commentaires sont fermés.