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14/02/2010

Jean Dufresne, Garanceur

Il s’appelait Jean Dufresne (sosa 106). Il était né à Virville (Seine-Maritime), entre Le Havre et Bolbec, le 25 juin 1779 d’une famille de tisserands. Il était mon aïeul.

 

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Acte de baptême de Jean Baptiste Augustin Dufresne, le 25 juin 1779 à Virville (Seine-Maritime)

4ème enfant de la fratrie qui en comptera 6, il n’a pas 20 ans quand il se marie une première fois dans sa commune de Bolbec avec Marie Goupil dont il aura 4 enfants. Veuf en 1808, il se remarie l’année suivante avec Marie Drouet. De nouveau veuf, il épouse le 13 janvier 1812 toujours à Bolbec Marie Le Marié. Il est âgé de 32 ans, sa nouvelle épouse 25. Il est déjà père de 4 enfants, sa femme est célibataire.

Un premier et unique enfant naîtra de leur union le 21 octobre 1812 à Bolbec. C’est une fille qu’ils prénomment  Louise (sosa 53). A sa naissance, Jean Dufresne se déclare Garanceur.

Un garanceur, le mot est attesté dès1671, c’est l’ouvrier chargé du garançage, procédé de teinture des étoffes obtenu grâce à la garance, plante vivace de la famille des Rubiacées (celle du café, du quinquina, du gardénia), dont  à partir des racines, on extrayait l’alizarine, matière colorante d’un beau rouge.

GARANCE DES TEINTURIERS.jpg

Garance des Teinturiers

Le mot " garance" provient du latin médiéval « warantia », devenu « garantia » puis, au XIe siècle, « garance » en français. Ce mot est à l’origine du mot  « garant » et « garantie » parce que le prix de la garance était fixé et contrôlé par l’Etat.

Originaire probablement de Perse, la garance était connue des grecs et des Romains. Utilisée par les Carolingiens, elle a d’abord fait l’objet d’un commerce intense, notamment depuis la Hollande,  avant d’être cultivée en France, et ce à partir de 1760, en Alsace mais surtout dans le Vaucluse, département qui, en 1860, va produire près de la moitié de la production mondiale. Dans son livre en provençal « Moun Vièi Avignoun » (1907), Henri Bouvet restitue son épopée et mentionne que la culture de la garance en Vaucluse s’étendait sur 15 0000 hectares, produisant 20 000 quintaux de poudre. 35 maisons expédiaient leur produit en Angleterre et à Rouen, pour ses rouenneries, tissus de coton imprimés aux décors rouge/rose.

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Rouennerie

Le prix relativement élevé de la garance était dû notamment à difficulté du travail d’extraction. Le labeur était particulièrement rude dans les garancières. Mais cette activité va totalement et rapidement disparaître avec l’apparition de la synthèse chimique de l’alizarine. Si sa composition avait été identifiée dès 1826, ce n’est qu’en 1869  que des chimistes parvinrent à créer une alizarine synthétique et non une imitation. Cette découverte fera la ruine de tous les producteurs de garance mais la fortune des industriels...

A noter que l’Armée française utilisait encore l’alizarine au début de la première guerre mondiale pour teindre les pantalons et les képis de ses uniformes d’infanterie de ligne.

garance 2.jpg

 

Quant à la famille Dufresne, on la retrouve en 1838 près de Rouen, à Darnétal (Seine-Maritime) où ils demeureront jusqu’à la fin de leur vie.

Après avoir perdu sa femme le 26 décembre 1838, Jean Dufresne décèdera à l’âge de 83 ans, le 4 août 1862 à Darnétal, 12, rue Saint-Pierre, au domicile de son fils aîné chez qui il habitait.

* Tableau simplifié de descendance : Jean DUFRESNE - Garanceur - ( 1779-1862)  Sosa 106 →Louise DUFRESNE - Journalière - (1812-1856)  Sosa 53 → Gustave LECREQ - Ouvrier-Teinturier - (1849-1930) Sosa 26 → Louise LECREQ - Tisserande - (1875-1963)  Sosa 13 → Henri JULIEN - Bûcheron-Elagueur - (1901-1976)  Sosa 6 → Denise JULIEN, ma mère, Sosa 3.

 

Commentaires

Un petit complément sur la garance ,Dambourcey,un botaniste normand ,qui deviendra l'intendant du jardin de l'Académie ,a écrit au XVIII siécle une instruction sur la culture de la Garance qu'il aurait sans doute souhaité voir cultiver en Normandie ;
L'histoire des teintures en France est bien intéressante :Jean de bethencourt était lui parti au temps de la guerre de cent ans chercher de l'orseille ,autre plante tinctoriale jusqu'aux Canaries. je n'ai pas de garanceur dans mes ancêtres ,parfois des tisserands.
Merci pour votre beau site .
Martine Hautot

Écrit par : martine hautot | 28/02/2012

Merci à vous pour votre visite et votre témoignage de satisfaction.
Cordialement,
Cathy

Écrit par : Cathy | 28/02/2012

Les commentaires sont fermés.