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22/01/2010

C’est bien connu : l’excès en tout nuit !

Il y a quelques jours, un article publié dans le Figaro titrait « Trop d’hygiène peut-il nuire à la santé ? ». Il dévoilait une récente étude américaine publiée dans une revue médicale spécialisée qui tendrait à prouver que des environnements ultrahygiéniques dans l’enfance peuvent augmenter le risque d’inflammation à l’âge adulte, ce qui à son tour accroît le risque de contracter un grand nombre de maladies, notamment cardiovasculaires. Et les médecins d’ajouter que depuis quelques années déjà, l’excès d’hygiène, cette tendance de la vie moderne, est pointé du doigt et incriminé notamment comme l’une des causes de l’explosion des allergies car il empêcherait le système immunitaire d’être stimulé par des infections de la petite enfance.

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Hasard de lecture, le même jour, en feuilletant un ancien numéro de « Nos Ancêtres Vie et Métiers », en page 7, je m’arrête sur quelques lignes au titre on ne peut plus évocateur « Les vertus de la crasse »* :

« Selon les médecins, il faut tellement de temps pour emmailloter l’enfant que les mères paresseuses ne le changent qu’une ou deux fois par jour. Et lorsqu’elles le font, si l’enfant a seulement uriné, il n’est pas lavé mais uniquement essuyé, l’urine étant considérée comme ayant des vertus curatives. Dans la même raison, on fait sécher les couches remplies d’urine sans les laver. De plus, les mères utilisent les excréments et l’urine comme des détergents pour nettoyer la peau et donner un beau teint. En Normandie, pendant longtemps, on a essuyé le visage des plus grands enfants avec les couches pisseuses des petits, pour les « décrasser » et les embellir, disait-on. En outre, à la campagne, par crainte du froid et des courants d’air et pour ne pas enlever à la peau son vernis protecteur, les jeunes bébés ne sont jamais lavés. (…) Pendant longtemps, on a pensé qu’une petite quantité de crasse sur le corps protégeait la peau. Enlever avec trop d’ardeur les sécrétions corporelles du nourrisson peut le mettre en danger. Il faut éviter de trop le frotter et surtout ne pas enlever la crasse qui se forme sur le sommet de son crâne.  On y laisse déposer une dose raisonnable de saleté, qu’on appelle les « croûtes de lait » et le « chapeau ». De plus, on considère cette crasse comme un engrais pour les cheveux, et les poux qui s’y trouvent, comme des parasites qu’il faut laisser subsister au nombre de un ou deux, de façon  à tirer les mauvaises humeurs du crâne du nourrisson. En outre, on estime que des lavages répétés ne peuvent que blesser la peau de l’enfant. »

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 " Les revendications des bébés " - Affiche de la Croix Rouge Américaine – Musée de l’Affiche

Comme rien ne remplacera jamais le bon sens, gardons-nous bien des excès en tout genre  !

* Extrait de l’ouvrage d’André Lachance « Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France – La vie quotidienne aux XVIIe et XVIIIe siècles »* publié aux éditions Stanké.

07:26 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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