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24/04/2010

Un philosophe normand

Vous allez me dire que tous les normands sont  philosophes ! Oui et non... Réponse de normande...

Celui-ci est né en Basse-Normandie, dans le village de Mortagne-au-Perche (Orne), le 3 mars 1868.

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Acte de naissance d'Emile Auguste Chartier

Avant de se faire connaître sous le pseudonyme d'Alain, Emile Auguste Chartier a été élevé modestement entre un père médecin-vétérinaire qualifié par son fils de « bon » et une grand-mère aussi redoutée qu’admirée. Il eut une enfance normande heureuse « qui ne fut que bêtise » écrira t’il lui-même plus tard.

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Emile Auguste Chartier dit Alain (1868-1951)

Après le collège catholique de Mortagne et le lycée d’Alençon, c’est à Paris qu’il poursuit ses études. Il est en classe terminale au lycée de Vanves, actuel lycée Michelet, quand il fait une rencontre qui va décider de sa vie, celle du professeur de philosophie Jules Lagneau, celui qu’il appellera « le seul Grand Homme que j’ai jamais connu » et qui laissera à tous ses élèves un souvenir inoubliable.

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Jules Lagneau (1851-1894)

Agrégé de philosophie en 1892, notre philosophe normand obtient son premier poste d’enseignant en Bretagne avant d'être nommé en 1900 au Lycée Corneille de Rouen.

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Engagé politiquement dans le camp des dreyfusards, il publie de 1903 à 1914 dans la "Dépêche de Rouen et de Normandie", des chroniques hebdomadaires, courts articles qu’il nomme « Propos d’un normand » inspirés par l’actualité et les événements de tous les jours,  qu’il signe du pseudonyme d’Alain, en hommage à son homonyme, le poète normand du XVe siècle, Alain Chartier, épris lui aussi de liberté politique.

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Alain Chartier, Poète Normand (1385-1449)

Nommé en 1909 à Paris au lycée  Henri IV, où il aura notamment pour élèves Raymond Aron, Simone Weil ou Georges Canguilhem, il y mène des activités journalistiques et gagne une réputation de moraliste enjoué qui fait de lui un professeur très recherché et des plus appréciés.

En 1914, bien qu’antimilitariste, pacifiste et non mobilisable, il s’engage pour honorer ses devoirs de citoyen. Artilleur, il est blessé en 1916 et démobilisé l’année suivante. De cette expérience, il publiera en 1921 son célèbre pamphlet  « Mars ou la guerre jugée ».

Sur le plan politique, il s’engage aux côtés du mouvement radical en faveur d’une république libérale strictement contrôlée par le peuple.  Jusqu’à la fin des années 30, son œuvre sera guidée par la lutte pour le pacifisme et contre la montée des fascismes.

En 1936, une attaque cérébrale le condamne au fauteuil roulant. La guerre de 1939-1940 le remplit d’amertume et il se retire, loin de la légende que lui font ses disciples, sur son sol natal, là où son père, en bon normand, lui a enseigné les leçons élémentaires de la vie.

Platon, Descartes, Kant et Auguste Comte furent ses maîtres à penser. Cet homme de lettres, optimiste serein, déclarait sans détour que « la vie est bonne avant tout ».  Le but de sa philosophie, toute  empreinte de sagesse paysanne, est d’apprendre à réfléchir et à penser rationnellement en évitant les préjugés. Humaniste cartésien, il est  un  « éveilleur d’esprit », passionné de liberté, qui ne propose pas un système ou une école philosophique mais apprend à se méfier des idées toutes faites !

Il décède au Vésinet (Yvelines), le 2 juin 1951 et repose au cimetière du Père Lachaise.

Commentaires

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Écrit par : Kirk | 10/07/2013

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Écrit par : MichelB | 13/08/2014

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