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14/03/2010

Balade dans la préhistoire de la généalogie

Jusqu’où peut-on remonter dans ses recherches ? Voilà "LA" grande question que tout généalogiste amateur, et principalement le débutant, se pose !

Pour vous éviter la recherche de documents à une époque où ceux-ci n’avaient pas encore été créés, je vous propose de nous promener dans l’histoire de l’état civil en France, depuis la préhistoire, c’est-à dire avant l’Ordonnance de Villers-Cotterets de 1539, dont je vous ai déjà parlé et jusqu’à nos jours, en nous arrêtant sur les grandes dates de la généalogie.

 

Pour commencer, je vous emmène à Givry, petite commune située au cœur de la Bourgogne, dans le département de la Saône-et-Loire, à environ 10 km de Chalon-sur-Saône, réputée pour ses monuments classés et pour son vin, l’un des fleurons de la Côte chalonnaise, mais aussi, et c'est ce qui nous intéresse ici, nous généalogistes, parce que qu’elle possède le plus ancien registre paroissial de France !

 

Vignoble Givry.jpg

Le vignoble de Givry

Ouvert en 1303 et tenu par les prêtres du lieu, il s’agit en réalité d’un  « livre de compte » composé de 84 feuillets de papier, où sont répertoriés, en latin, les redevances, les baptêmes, les mariages et les sépultures jusqu’en 1357, ainsi que les sommes encaissées lors de ces cérémonies car si la discipline de l'Eglise interdisait aux prêtres de réclamer un dû en échange des sacrements ou de la sépulture de leurs paroissiens, elle tolérait qu'ils puissent recevoir des présents...

GIVRY.JPG

Extrait du registre paroissial de Givry - Années 1334-1357

Même si plusieurs périodes sont manquantes, il permet une estimation grossière de la population de ce village et surtout il renseigne sur les ravages de la Peste Noire qui sévit dans la région en 1348. Ainsi si, jusqu'en juillet 1348, 4 à 5 décès par mois au plus sont enregistrés, soit une trentaine par an, on en compte 620 entre le 28 juillet et le 19 novembre 1348, soit autant de morts en 4 mois que pendant les 20 années précédentes. Le 10 septembre 1348, on compte 24 décès, presque autant qu’en une année ! Par contre, plus aucun mariage n’est enregistré du début de l’épidémie jusqu'à la fin de l'année, alors qu'on en célèbre 42 entre le 14 janvier et le 24 février 1349 !

Quelques années plus tard, et bien avant le reste du Royaume, les évêques bretons, qui font ainsi figure de précurseurs en la matière, vont ordonner sur leur territoire la mise en place de registres des baptêmes. C'est Henri le Barbu, Chancelier de Bretagne et Evêque de Nantes, qui, premier de la chrétienté, va prescrire en 1406 la tenue de ces registres dans chaque paroisse de son diocèse. Celui de Roz-Landrieux (Ille-et-Vilaine) est le plus ancien conservé. Petit volume rédigé en latin, de 31 cm sur 23, composé de 62 feuillets de papier et 22 feuillets de parchemin, il s’ouvre sur un baptême du 27 novembre 1451 ! 

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 Registre paroissial de Roz-Landrieux

Quant au plus ancien registre regroupant les baptêmes, mariages et sépultures, il date de 1469 et c'est celui de la paroisse de Montarcher (Loire). 

Mais voilà, ces registres, tout comme deux ou trois autres antérieurs au XVIe siècle, ne sont sont dus qu'à des initiatives locales et privées. En effet, si les prescriptions canoniques relatives notamment aux unions illégitimes, aux mariages entre parents ou entre affins (c'est-à-dire parrain et marraine d'un même enfant) avaient certes incité de nombreux curés à inscrire les actes célébrés dans des cahiers qui leur permettaient également de tenir leur comptabilité, il ne s'agissait là que de documents conçus pour l'usage personnel des desservants qui disparurent souvent avec leurs auteurs.

Histoire à suivre. ..

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