Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/02/2010

Brûler le jour

C’était autrefois allumer les lampes de la maison alors que la lumière du jour permettait encore, ou déjà, de vaquer aux occupations courantes.

On « brûlait » donc inutilement du combustible : pétrole pour les suspensions ou lampes suspendues au plafond, huile légère pour les petites lampes Pigeon, huile plus grossière pour les grassets accrochés à l’étagère de la cheminée, suif pour les chandelles…

Par un glissement de pensée, on est passé de la notion de « brûler du combustible » à celle de « gaspiller » ce qui produit la lumière naturelle, c’est-à-dire le jour.

Lampe Pigeon.jpg

Lampe Pigeon

Même lorsque l’électricité a remplacé peu à peu l’éclairage ancien, on a continué à veiller à ne pas gaspiller les sources de lumière. D’où la conservation de l’expression « brûler le jour ».

LAMPE A PETROLE.jpg

Lampes à pétrole

Cette notion de « brûler » synonyme de « gaspiller » se retrouve d’ailleurs dans l’expression attestée dès le XVIe siècle de « brûler la chandelle par les deux bouts », c’est-à-dire gaspiller des choses qui ont de la valeur ce qui, on le sait, est contraire à l'esprit normand...

Pour bien comprendre cette notion de gaspillage éhonté qui lui est associée, il faut remonter à l’époque où l’éclairage était procuré par des chandelles, objets plus ou moins luxueux selon qu’ils étaient constitués de suif ou de cire, mais toujours coûteux pour les maisons modestes. Ces bâtons de lumière ne devaient dont être utilisés qu’avec parcimonie et bien sûr il ne fallait pas oublier de les souffler ou de les moucher dès qu’ils n’étaient plus nécessaires à l’ouvrage.

Celui qui avait l’idée stupide d’allumer une chandelle par les deux bouts gaspillait ce précieux objet qui fondait dès lors bien entendu deux fois plus vite !

Aujourd’hui, le sens de cette expression va beaucoup plus loin. Elle est employée pour désigner le mode de vie intense voire frénétique d’une personne usant et abusant des plaisirs de la vie...

 

 

 

Commentaires

J'aime venir sur votre blog, j'apprends plein de choses qui vont dans le sens de comprendre. comme dans la formule "felix qui potuit rerum cognoscere causas" (heureux celui qui peut connaître la vraie nature des choses).

Pour la chandelle, c'est Benjamin Franklin qui a eu cette idée (folle) un jour d'inventer l'heure d'été, ce qui permet de nos jours de réaliser des économies de bout de chandelles comme en témoigne un vieux rapport du Sénat de 1996 :

http://www.senat.fr/rap/r96-13/r96-138.html

Merci encore pour votre blog.

Écrit par : Dr Sangsue | 26/02/2010

Les commentaires sont fermés.