Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/02/2010

De l’utilité des prénoms dans une recherche généalogique -1ère partie

Si le nom de famille est de façon bien justifiée l’obsession principale du généalogiste, le prénom, simple ou composé, traditionnel ou insolite, héréditaire ou influencé par les modes, n’en est pas moins une donnée essentielle qui peut aussi bien aider que compliquer nos recherches !

Il faut se rappeler qu’autrefois, le prénom était choisi en fonction de deux considérations essentielles : le parrainage et la religion.

Le parrain ou la marraine transmettait à l’enfant son propre prénom. On sait que pour des raisons de politique matrimoniale, ces parrains et marraines étaient traditionnellement choisis d’abord parmi les grands-parents, puis les oncles et tantes, les cousins germains et les frères et sœurs aînés, voire aussi, parfois, parmi les notables ou les dominants.

Ensuite, il appartenait au curé d’accepter le prénom choisi, ce qu’il faisait volontiers dès lors qu’il pouvait trouver mention de celui-ci dans ses tablettes. Comme, au fil du Moyen Age, l’immense majorité des noms d’origine latine comme ceux d’origine germanique, respectivement dus aux héritages gallo-romain et franc, s’étaient vus cautionnés par quelque saint, religieux ou ermite, cette recherche lui était largement facilitée. Et si, à la limite, il hésitait encore sur l’orthodoxie d’un prénom, il pouvait pour conclure exhorter le père du baptisé à lui donner le nom du saint patronnant la paroisse, saint proche et familier, qui avait forcément maintes fois eu l’occasion de prouver son attachement à ses habitants en exauçant leurs vœux.

Au cours de nos recherches, on rencontre assez fréquemment le cas de ces fratries porteuses d’un même prénom, comme trois frères prénommés « Jean » ou trois sœurs « Marie » difficulté généralement due à des parrains homonymes et souvent réglée sous l’Ancien Régime par l’adjonction de surnoms comme « l’aîné », « le jeune » ou « le cadet ».

CADET-ROUSSEL.jpg

Guillaume Roussel dit "Cadet-Roussel", personnage populaire de la Révolution française (1743-1795)

A noter que ceux de « l’ancien » et « le jeune » étaient davantage utilisés en cas d’homonymie père-fils. Plus tard, au XIXe siècle, les protagonistes choisiront pour se démarquer de leurs frères de changer tout simplement de prénom, se faisant appeler, par exemple, Jules au lieu de Jean, ce dont l’état civil ne se fera que très rarement l’écho en écrivant dans l’acte « Jean dit Jules ».

L’usage des prénoms doubles voire multiples ne va apparaître que dès le XVIIIe siècle d’abord dans les classes aisées et évoluées des villes, puis s’étendre progressivement dans celles des campagnes avant de toucher les classes ouvrières un peu avant la fin du XIXe siècle. Les records se rencontreront dans les familles régnantes. Ainsi, le Duc de Bordeaux, né en 1820, en avait reçu cinq, mais d’autres princes en recevront facilement seize à vingt !

Duc de Bordeaux.jpg

Henri Charles Ferdinand Marie Dieudonné d'Artois, duc de Bordeaux

En généalogie descendante, un prénom, pour avoir été rendu quasiment héréditaire dans la branche d’une famille par le processus du parrainage, pourra être retenu comme une présomption d’appartenance à cette branche, à plus forte raison en cas de prénom peu ou moyennement courant.

De même, en généalogie ascendante, lorsque l’on bute sur un couple d’ancêtres manifestement venu d’ailleurs et porteur de prénoms localement inusités et apparemment particuliers, il est bon de considérer ces prénoms comme autant d’indices précieux. Ainsi, une mère nommée « Faronne » peut être originaire de la région de Meaux, dont Sainte Fare patronne l’une des paroisses.

STE FARE.jpg

Sainte Fare, née au VIe siècle

En outre, face à des prénoms pour le moins énigmatiques, on peut ainsi rechercher l’existence de communes ou paroisses du même nom.

Aussi, avec les prénoms de nos aïeux, gardons-nous bien de faire des amalgames et restons pragmatiques !

A suivre...

 

 

Commentaires

Je vous vante pour votre article. c'est un vrai exercice d'écriture. Continuez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Les commentaires sont fermés.