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07/10/2009

Les notes tironiennes, la première "sténographie" des scribes

Les scribes de l’ancienne société, et ce depuis l’Antiquité, avaient mis en place, nous en avons déjà parlé, un système d’abréviations destiné à gagner d’abord de l’espace, puis du temps.

Ainsi avaient-ils pris notamment l’habitude, afin d’indiquer au lecteur que le mot était abrégé, de le surmonter d’un trait horizontal appelé « tilde » (V. ma précédente note sur ce sujet).

Outre cette technique d’abréviation, somme toute assez élémentaire, des signes particuliers avaient été adoptés, constituant une espèce de « dactylographie » avant la lettre ou plutôt une « tachygraphie » pour remplacer les mots ou parties de mot qui revenaient le plus souvent.

 

Ainsi, ce qu’on nomme  habituellement les « notes tironiennes », série d’abréviations attribuées au secrétaire de Cicéron, l’affranchi Marcus Tullius Tiro (103 av. J-C. – 4 av. J-C.), plus connu sous le nom de Tiron, constituaient une véritable méthode de « sténographie abréviative » basée sur un dictionnaire de quelques 4 000 signes.

 

CICERON.jpg

Buste de Cicéron âgé - Musée du Prado - Madrid

 

Tiron nait à Arpinum, esclave dans la famille de Cicéron dont il est de trois ans le cadet. Il grandit avec lui et le suit à Rome. Cicéron l’affranchit en 53 av. J-C. Il prend alors, selon l’habitude, le praenomem (Marcus) et le nomen (Tullius) de son maître. Il accompagne celui-ci quand il est nommé gouverneur de la province de Cilicie et le sert comme secrétaire. De retour de voyage à Athènes, Cicéron lui demande d’adapter « les notes grecques », une méthode d’écriture abrégée dont l’auteur, Xénophon, se serait servi pour transcrire les discours de Socrate. C’est ainsi que Tiron va inventer un système personnel d’abréviations qu’il utilise pour transcrire les discours et plaidoiries prononcés par Cicéron devant le Sénat et les tribunaux romains. Son système repose sur un répertoire de plus de 13 000 signes, pour la plupart issus de lettres mutilées ou déformées de l’alphabet latin. A noter que Tiro serait aussi à l’origine de l’esperluette (&).

 

NOTE TIRO 1.gif

Noms des douze mois de l'année en notes tironiennes

Ayant par la suite fait l’objet de constantes améliorations qui allèrent jusqu’à l’abréviation en un seul signe de phrases couramment usitées, ce système se répandit dans les monastères et fut très employé par les scribes du Moyen Age, comme en témoigne ce manuscrit du Xe siècle reproduisant les « notes de Sénèque », dont extrait ci-dessous :

seneque.JPG

 

L’emploi des notes tironiennes se réduisit considérablement dès le XIIe siècle et au fil du temps, beaucoup de ces signes tombèrent en désuétude. Quelques-uns seulement continuèrent à être très communément employés aux XVIe, XVIIe et même parfois au XVIIIe siècle.

 

Commentaires

Je vous applaudis pour votre article. c'est un vrai œuvre d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

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