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20/08/2009

J'irai revoir ma Normandie !

« J’irai revoir ma Normandie !

C’est le pays qui m’a donné le jour ! 

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 Ce refrain, c’est le chant populaire normand par excellence, notre « cocorico », celui que l’on « entonne » dans toutes les circonstances pour rappeler notre province. Et si l’on ne pas connaît pas entièrement les paroles des trois couplets de la chanson, l’air en est très populaire !

 "Quand tout renaît à l’espérance,

Et que l’hiver fuit loin de nous ;

Sous le beau ciel de notre France,

Quand le soleil revient plus doux ;

Quand la nature est reverdie,

Quand l’hirondelle est de retour,

J’aime à revoir ma Normandie"

 

On la doit à un normand, Frédéric Berat, poète et musicien, né au domicile de ses parents, à Rouen, 23/24, rue Saint-Etienne des Tonneliers,  le 11 mars 1801 ou plutôt le 20 ventôse an IX de la République.

 

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Acte de naissance de Frédéric Berat, à Rouen, le 20 ventôse an IX (11 mars 1801)

Sixième d’une fratrie de sept enfants, son père Charles, négociant, le place, comme nombre d’enfants de cette époque, en nourrice à La Rue Saint-Pierre, une petite commune située à 18 kilomètres de là.

En âge de travailler, il entre à la Compagnie du Gaz à Paris avant de se livrer  totalement à ses talents de poète* et de compositeur. Il embrasse tout d’abord la carrière de chansonnier et se lie d’amitié avec le plus célèbre de l’époque, Pierre-jean de Béranger (1780-1857) qui le prend sous sa protection.

"J’ai vu les champs de l’Helvétie,

Et ses chalets, et ses glaciers ;

J’ai vu le ciel de l’Italie,

Et Venise, et ses gondoliers !

En saluant chaque patrie

Je me disais : aucun séjour

N’est plus beau que ma Normandie !

C’est le pays qui m’a donné le jour !"

 

D’un caractère heureux, Frédéric Berat écrit et chante sa joie de vivre. Ses vers sont sans prétention, d’une facture souvent facile et sa mélodie musicale s’y accorde. C’est ainsi qu’il compose nombre de ritournelles à succès dont Mimi Pinson, La Montagnarde, Le retour du petit savoyard et bien d’autres encore, mettant des larmes dans les yeux de nos grands-mères, d’autres romances simples ou empreintes d’une certaine philosophie, autant de tableautins que nos aïeux appréciaient.

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Frédéric Berat

Mais c’est surtout pour « Ma Normandie », la chanson aujourd’hui utilisée comme hymne national du bailliage de Jersey,  qu’il composa en 1836, sur le bateau qui le menait de sa ville natale à Sainte-Adresse, pour la chanteuse Loïsa Pujet (1810-1889), qu’il est passé à la postérité et qu’il fit fortune.

Pierre Larousse, dans son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, dit, en parlant de cette chanson « Elle n’offre rien de bien relevé comme mélodie ; les paroles n’ont point grande envergure poétique ; mais le tout est net, franc et senti. Que fallait-il de plus pour en assurer le succès ? »

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"Par ses douces chansons que partout ont fredonne, si Berat a toujours le succès le plus grand, c'est qu'en qualité de normand, c'était à lui de droit que revenait la pomme !"

 

Décédé le 2 décembre 1855 à Paris, Frédéric Berat est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

 

"Il est un âge dans la vie

Où chaque rêve doit finir,

Un âge où l’âme recueillie

A besoin de se souvenir ;

Lorsque ma muse refroidie

Aura fini ses champs d’amour,

J’irai revoir ma Normandie !

C’est le pays qui m’a donné le jour !"

 

* Il a publié  "Contes et nouvelles du pays normand" .

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