Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/07/2009

Aristide Boucicaut, l'inventeur du grand-magasin !

Paris, 1852 : on ne parle que de lui, de ce nouveau magasin, grand comme on n’en a jamais vu encore dans la capitale. Situé à l’angle des rues du Bac et de Sèvres, son enseigne « Au bon marché » s’étale en grosses lettres sur la façade d’un immeuble tout neuf. D’imposantes et belles vitrines proposent à la foule qui déborde des trottoirs un monde d’opulence et de luxe. Des mannequins en cire exhibent des robes élégantes, faites d’étoffes somptueuses et de riches parures. Pourtant, ces vitrines ne sont qu’un pâle reflet de la richesse déployée à l’intérieur. Un portier en uniforme chamarré ouvre la double porte vitrée donnant accès à un gigantesque hall. Le caractère majestueux de l’édifice s’impose avec ses vastes proportions, son grand escalier et sa coupole de verre, immense réservoir de lumière. Partout, des centaines de lampes à incandescence ajoutent à cette clarté des reflets dorés. Pas un seul coin du magasin n’est laissé dans l’ombre. Tout ici éveille désir et convoitise.

BOUCICAULT 3.JPG

Premier de nos grands magasins, il possède déjà, quelques mois après son ouverture, la plus importante clientèle de Paris. Visiteurs et employés y vont et viennent en tout sens. Un brouhaha fait de mille conversations emplit l’atmosphère. S’y côtoient et s’y bousculent, toutes classes confondues, ménagères et bourgeoises, élégantes personnes à crinolines ou tournures, commis et ouvrières.

Au centre du grand Hall, le propriétaire, contemple, satisfait, son magasin. Il a mis en place une exposition encore jamais vue, la première exposition du blanc. Plus de 10 000 pièces, savamment agencées ! Linge de lit et de maison, serviettes éponges, mouchoirs brodés… avec, sur chaque pièce, un petit carton où est indiqué en chiffres bien lisibles le prix de l’article exposé. Une foule considérable touche, palpe, choisit et surtout achète !

BOUCICAULT 2.JPG

Car, le propriétaire des lieux, Monsieur Boucicaut, a compris le premier que seule la vente en très grosses quantités autorise une baisse sensible des prix en même temps qu’elle assure un plus grand bénéfice.

Aristide Boucicaut : c’est l’histoire d’un normand avant-gardiste, à l’ascension fulgurante. Il est né le 14 juillet 1810 à Bellême (Orne), où son père est simple chapelier.

BOUCICAULT.JPG

 Acte de naissance d'Aristide Jacques Boucicaut

Il travaille tout d’abord aux côtés de celui-ci avant d’être confié à un marchand ambulant vendeur d’étoffes. A 19 ans, monté à Paris, il est commis de boutique, puis en 1834, vendeur dans un magasin à rayons multiples, le premier du genre quoique de taille très modeste « Le petit Saint-Thomas », rue du Bac. Chef de rayon, devenu ami et conseiller du patron, marié à Marguerite Guérin qui lui apporte un petit pécule, il finit par entrer comme associé dans ce qui sera plus tard son grand magasin mais qui n’est encore à l’époque qu’une petite boutique à l’enseigne modeste : « Au bon marché ». En 10 ans, devenu seul maître à bord, il va faire de ce « bon marché » l’archétype du grand magasin, inventant les marges réduites et la rotation rapide des stocks, les soldes, les promotions, la saison du blanc et bien d’autres révolutions si banales aujourd’hui. En 1869, Aristide Boucicaut pèse 21 millions de chiffre d’affaires, créant de nouvelles ailes, instituant le restaurant d’entreprise, la caisse de prévoyance (ancêtre de la Sécurité Sociale).

Il meurt en 1877. Sa veuve fonda l’Hôpital Boucicaut et légua par testament sa fortune à l’Assistance Publique.

Il inspira à Emile Zola, dans « Au bonheur des Dames », le personnage d’Octave Mouret.

 

Biblio. "2000 ans de vie quotidienne en France" - Sélection du Reader's digest - 1981-

Commentaires

Heureuse époque où les dirigeants d'entreprises étaient aussi philanthropes... Ce qui rejoignait leur intérêt d'ailleurs, car à l'instar d'Henry Ford, ils n'oubliaient pas que leurs salariés étaient aussi leurs clients.
Cordialement.

Écrit par : Juntos | 02/08/2009

Les commentaires sont fermés.