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22/07/2009

Jean BOULANGÉ, Couvreur en chaume et en gerbées

Mon aïeul, Jean BOULANGÉ (sosa  64)*, est, en 1764, et comme avant lui son père, Couvreur en chaume et en gerbées. Il exerce son métier dans sa paroisse de Bois d’Ennebourg, petit village normand situé dans le département de la Seine-Maritime, à environ 11 kilomètres à l'ouest de Rouen.

Né près de là, à Epreville-sur-Ry (aujourd’hui Martainville-Epreville), le 19 avril 1736, il épouse à 26 ans, Catherine MONFRAY, d’un an sa cadette. Le mariage est célébré dans l’église d’Epreville, le 31 janvier 1763. De cette union, vont naître à Bois d’Ennebourg 7 enfants, 4 garçons et 3 filles dont 2 décèderont en bas âge.

 

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Acte de baptème de Jean Baptiste Jacques, fils ainé de Jean et Catherine 

Cette année là, le roi Louis XV s’apprête à signer le Traité de Paris qui va mettre fin à la guerre de Sept ans. La France abandonne le Canada à l’Angleterre mais retrouve Belle-Ile, la Martinique et la Guadeloupe.

A cette époque, comme aujourd’hui, le métier de couvreur est un métier pénible : quel que soit le temps, qu’il pleuve ou qu’il vente, été comme hiver, le couvreur doit répondre présent. Il doit être très résistant physiquement, ne pas avoir peur de travailler accroupi ou à genoux et ne pas céder au vertige.

C'est aussi un métier exigeant : l’apprentissage est long et fastidieux. Les couvreurs sont des ouvriers polyvalents capables de manier aussi bien la truelle que le marteau ou la scie pour assurer l’étanchéité des toits. Pour cela, selon les régions, ils recouvrent les charpentes d’ardoises, de tuiles, de grandes feuilles de plomb, de zinc, ou simplement de chaume (ou paille) comme en Normandie.

OUTILS COUVREUR.JPG

 Planche de présentation des outils du couvreur

Le couvreur en chaume dispose un échafaudage sur la charpente, une sorte d’échelle liée au faîtage. Le travail s’effectue de droite à gauche. Entre chaque déplacement d’échelle, il y a environ deux brassées de chaume et une « poignée » (petite quantité de paille utilisée pour assurer le calfeutrement). Des liens à nœud coulant sont glissés sous la latte. L’artisan place une première brassée posée à plat sur la couverture. Le lien est passé par-dessus puis glissé sous la latte. Entre deux brassées, il loge une poignée. La tonte se fait ensuite aux ciseaux en partant du faîtage vers la queue de vache. Puis le couvreur en chaume procède au dressage ou tapage pour mettre en forme définitivement la paille à l’aide d’une palette.

 

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Chaumière normande

Le métier de couvreur est toujours un métier dangereux, un métier à risques : les couvreurs ne mettent pas seulement leur vie en jeu, mais aussi celle des passants.

Devenu veuf en 1788, Jean BOULANGÉ, âgé de 52 ans,  se remarie en l’église de Bois-d’Ennebourg (76), le 3 mai 1791 à Marie Geneviève LEMOINE, célibataire de 6 ans sa cadette. Il s’éteindra dans sa commune le 7 thermidor an VI (25 juillet 1798) à l’âge de 62 ans. Son décès sera déclaré par son fils aîné Jean Baptiste, lequel entre temps a repris le métier de son père, celui de couvreur en paille. 

* Tableau de descendance : Jean BOULANGÉ ( 1736-1798)  Sosa 64 →Nicolas BOULANGÉ (1769-1852)  Sosa 32 →Constant BOULANGÉ (1817-1889) Sosa 16 →Constant BOULANGÉ (1842-1918)  Sosa 8 →Paul BOULANGÉ (1877-1950)  Sosa 4 →Camille BOULANGÉ, mon père, (1922-2007) Sosa 2.

Biblio : "Métiers du bâtiment", Nos ancêtres - Vie et Métiers, n°21 - Sept-Oct. 2006

Commentaires

Je vous applaudis pour votre article. c'est un vrai état d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

Je vous applaudis pour votre éditorial. c'est un vrai charge d'écriture. Développez .

Écrit par : invité | 12/08/2014

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