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15/05/2009

Les années de guerre de mon père : 3ème époque : l'armée de la libération

1944 : La France se bat ! Malgré la peur des bombardements, la peur des représailles, partout on reprend espoir.
Après le débarquement en Provence du 15 août 1944, l'armée du général De Lattre de Tassigny, les troupes alliées et les F.F.I. se déploient et marchent vers Lyon. Mon père Albert-Camille BOULANGÉ (sosa 2) est parmi eux.
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Le Général De Lattre de Tassigny
Malgré l'aide active des résistants, la libération des Alpes du sud est difficile. Les villes de Digne, Château-Arnoux, Sisteron puis Gap sont libérées au prix de lourdes pertes humaines. On appelle en renfort la 2ème Division d'Infanterie Marocaine, la D.I.M., venant d'Italie. Elle reçoit pour mission de couvrir et de protéger la progression des troupes alliées. Cette division, formée au Maroc le 1er mai 1943, regroupe des régiments de Tirailleurs et de Spahis marocains.
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Blasons de la D.I.M.portés par mon père sur son uniforme
Le 23 août 1944, soldats et résistants sont à Briançon (Hautes-Alpes). Les allemands se sont retirés de la cité. Les américains patrouillent en ville puis repartent. La cité est aux mains de la Résistance et fête déjà sa libération. Trop vite ! Les allemands, cantonnés à l'extérieur dans les forts, reçoivent l'ordre de reprendre cette ville stratégique située à quelques kilomètres seulement des cols et de la frontière italienne. Les combats sont d'une extrême violence et des plus meurtriers. La ville est finalement reprise par l'ennemi. Le 4ème Régiment des Tirailleurs Marocains, le R.T.M., l'un des régiments de la D.I.M., est missionné pour la libérer. A nouveau de violents combats d'artillerie ont lieu. Des quartiers entiers sont en feu. Les 1er et 2 septembre, à Puy-Saint-Pierre, aux portes de Briançon, mon père et quelques camarades sont en reconnaissance à 10 km en avant des lignes alliées. Il va personnellement attaquer à la grenade le cantonnement ennemi (ce qui lui vaudra par la suite une citation). Ce n'est que le 6 septembre que l'affrontement va tourner à l'avantage des alliés. La ville de Briançon est finalement et totalement libérée le 7 septembre 1944. Mais le prix payé est des plus lourds !
Le général De Lattre doit alors impérativement compléter les effectifs de son armée rebaptisée le 1er septembre 1944 "Première Armée Française" avant de pouvoir poursuivre l'offensive. Par ailleurs, la relève d'une partie des troupes coloniales, notamment les 9 000 sénégalais, s'impose à l'approche d'un hiver qui s'annonce déjà dans ce pays de montagne. Il le sait, les F.F.I. constituent un vivier exceptionnel ! Le phénomène qu'ils représentent est devenu si important que leur amalgame dans l'armée française devient incontournable.  De Lattre a pu constater leur rôle primordial sur le théâtre des opérations lors des combats de libération des régions traversées. Leurs unités forment des troupes "supplétives" très efficaces aux côtés des troupes régulières. Compte-tenu de l'urgence de la situation, le remplacement se fait soit dans un cantonnement à l'arrière du front, soit en première ligne. Et c'est pourquoi, le 7 septembre 1944, jour de la libération de la ville de Briançon et sur place, mon père troque son statut de "combattant clandestin sans uniforme" contre celui de "soldat d'une armée régulière".
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Mon père, Albert-Camille BOULANGÉ, soldat du 63ème R.A.A.
Ce jour-là, c'est aussi le jour de son anniversaire : il a 22 ans et "s'engage volontaire pour la durée de la guerre au titre du 63ème Régiment d'Artilleurs Africains (R.A.A.), 5ème batterie" comme 137 000 de ses compagnons qui, tout comme lui, sont incorporés aux forces régulières en ce mois de septembre 1944. Et 90 000 d'entre-eux vont, tout comme lui, rejoindre la Première Armée.
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Blasons du 63ème R.A.A. portés par mon père sur son uniforme
A cette époque, les troupes débarquées en Provence ont déjà franchi 700 kilomètres, fait plus de 100 000 prisonniers et récupéré un matériel impressionnant. L'opération "en tenaille" a parfaitement réussi ! Le territoire français est libéré aux trois quarts.
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Mon père est assis, second à partir de la gauche
De manière symbolique, la 2ème Division Blindée, 2ème D.B., commandée par le général Leclerc, partie le 1er août de Normandie et les troupes de De Lattre se retrouvent le 14 septembre 1944 dans la région de Langes au nord de Dijon.
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Le 20 septembre 1944, le contact avec l'ennemi est repris sur l'ensemble du front. La campagne des Vosges commence. Les alliés se heurtent à une farouche résistance allemande. Hitler a promis le poteau d'exécution aux gradés allemands qui cèderaient du terrain. L'assaut français est déclenché le 25 septembre. Il doit permettre de contourner Belfort en laissant une trouée sur le flanc droit. Au terme de trois jours de combats intenses, les cols vosgiens sont en vue, mais l'assaut, envisagé par De Lattre, doit être annulé en raison de l'allongement du front vers le Nord où l'armée américaine, se heurtant à une solide défense ennemie, est obligée de décrocher. Car l'armée allemande tient solidement ses positions empêchant les alliés de déferler en Alsace. Cet arrêt de l'offensive plonge les troupes françaises dans une crise sans précédent. Après ces deux mois de combats, les pertes sont terribles, les troupes fatiguées et les munitions épuisées. Mais le combat n'est pas fini... 

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Commentaires

bonjour ,
je me presente je sui maxime guilpain , je fait parti de l'association forty four memories et jabite a briançon . j'aime beacoup le recit sur votre pére pendant la liberation de briançon ,
j'aimerais savoir si il y a la possibilité de vous poser quelques questions dans le cadre de la recherche de temoiniage historique en vu du 70 eme anniverssaire de la liberation de briançon , car il me semble que vous détenez certaines informations plus que compliquer a trouvé sur ce sujet

merci d'avance

Écrit par : maxime | 30/07/2012

Je vous félicite pour votre critique. c'est un vrai travail d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

Les commentaires sont fermés.