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19/04/2009

La signature de nos ancêtres

La signature de nos aïeux est-elle révélatrice de leur niveau culturel ? A quelques rares exceptions près, les écrits de nos ancêtres lointains étant inexistants, leur signature est dès lors la seule trace permettant d’établir une graduation de l’échelle des savoirs.

Il faut rappeler que les toutes premières signatures (telle que nous les concevons aujourd’hui) sont apparues dès le Moyen Age avec le « grand seing » des notaires, dessin complexe flanqué d’une véritable signature paragraphée, dénommée quant à elle « petit seing ».

Au fil des siècles, les marques représentatives et distinctives des individus, même si elles ont été longtemps réservées aux élites, se sont transformées.

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La signature du Roi Henri IV
Du Ve au VIIIe siècle, seings, sceaux, ruches, souscriptions, rébus, marques, dessins… ont été autant d’étapes vers la signature permettant à celle-ci de devenir, par son expression, le signe écrit prioritaire pour l’identification.

Symbole religieux et signe précurseur de la signature, le plus connu et surtout le plus facilement reproductible, propre à emporter l’adhésion de la majorité silencieuse des illettrés, la croix, apparaissait, dans le monde d’autrefois, essentiellement comme un symbole religieux, suffisamment fort pour s’apparenter au serment. Tracer une croix, c’était prendre Dieu à témoin de son engagement. Et nos ancêtres, dont le bon sens compensait toujours le manque de culture, se méfiaient aussi des faussaires. Beaucoup de ces signes, apposés au bas d’un acte notarié, pouvaient facilement être reproduits. Désireux de se protéger et sans doute d’imiter ceux qui non seulement savaient écrire, mais qui d’un paraphe compliqué authentifiaient leurs signatures, les plus modestes (comme les artisans, les pêcheurs, …) cherchèrent souvent à se démarquer en reproduisant, plus ou moins maladroitement, un objet symbolique de leur environnement professionnel. Sous Louis XI, l’artisan dessine donc volontiers son outils, le paysan essaie de tracer une croix plus ou moins régulière, le bourgeois écrit son nom, l’homme de loi enveloppe sa signature avec des replis de paraphes compliqués, le gentilhomme se singularise en signant de lettres d’un demi-pouce.

L’usage de ces marques s’estompera dès le début du XVIIe siècle avec le développement de l’école mais aussi à cause de la promulgation, en 1554, d’une ordonnance d’Henri II ordonnant que  « dorénavant tous contrats et obligations quittances et actes privez, soient outre les seings des notaires, soussignez des parties qui les consentiront s’ils scavent signez ou quand ils ne scavent signez, par quelqu’un d’autre homme de bien et de cognoissance a leur requeste. »

Le manque de pratique de l’écriture limitera longtemps encore l’application de l’ordre royal ! Les villageois continueront volontiers jusqu’à la Révolution à remplacer leurs signatures par un signe, une marque ou encore un griffonnage quelconque que le notaire certifiera et que les curés, sur leurs registres paroissiaux accepteront avec bienveillance et en toute connaissance de cause.

Comment interpréter de façon rationnelle les signatures de nos ancêtres ? Pour nous y aider, la Revue Française de Généalogie a publié dans son numéro 141 d’Aout-Septembre 2002, le tableau d’analyse ci-dessous s’appuyant sur des travaux de statisticiens et sur l’expérience de généalogistes.

ANALYSE SIGNATURES.JPG

 

Commentaires

Je vous applaudis pour votre paragraphe. c'est un vrai œuvre d'écriture. Continuez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

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