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22/04/2009

La "Taxe sur les vélocipèdes"

« Le vélocipède est une sorte de machine sur laquelle on se place à califourchon, et que l’on fait mouvoir à l ‘aide de ses pieds, en appuyant alternativement sur les pédales. Or, ces pédales communiquent leur mouvement à un engrenage qui fait tourner les roues au moyen d’une chaîne. Et il suffit que les roues reposent au sol pour que la rotation fasse avancer ou reculer la machine, selon les règles de la dynamique… C’est infiniment curieux. Cet appareil déambulatoire, d’une ingéniosité qui n’échappera à personne, se distingue du cheval de selle par la douceur moelleuse de son allure. Sobre et silencieux, le vélocipède ne rue pas, ne coûte rien comme nourriture, n’a peur ni du chemin de fer, ni des tas de cailloux et ne s’emballe qu’à l’instigation formelle de son cavalier… C’est le modèle des animaux : il est propre et inodore… Il a quand même quelques petites défectuosités, et notamment, s’il lui arrive un accident, on ne peut pas le vendre pour la boucherie… »*

 

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Léonard de Vinci y a déjà pensé dans son XVIe siècle, mais il faudra attendre encore deux siècles et plus exactement l’année 1861 pour que le vélocipède soit fabriqué !

L’Académie de médecine s’inquiète très tôt des progrès enregistrés par ce nouveau moyen de transport et plus particulièrement de ses dangers pour les femmes, des perturbations qu’il peut entraîner sur « les organes sur lesquels le code civil a édifié le mariage » et brandit la menace d’une stérilité incurable…

Mais on n’arrête pas le progrès et le vélocipède continue de faire son chemin… Il va même devenir très vite « le véhicule à la mode ». La découverte de la France « pittoresque » commence par le tourisme vélocipédique. Les jeunes filles « modernes », afin de pouvoir enfourcher leurs montures, jettent leurs longues jupes aux orties et choisissent délibérément un vêtement qui fait scandale : la « jupe-culotte ». C’est l’une des premières victoires du féminisme.

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Et l’Etat, toujours à court d’argent mais pas toujours d’idées, crée en 1893 la « Taxe sur les vélocipèdes** » en vertu de quoi les propriétaires doivent déclarer leur vélocipède en mairie et s’acquitter de ladite taxe d’un montant de 10 francs par an, ce qui, à l’époque, pénalise fortement les travailleurs, principaux utilisateurs de cet engin. Le paiement de la redevance est attesté par une plaque métallique fixée sur le tube de direction.

 

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A partir de 1942, avec la raréfaction des métaux (période de guerre oblige), une carte, véritable « laissez-passer », sur laquelle chaque année un timbre d’acquittement est collé, se substitue à la plaque.

 

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Mon père, Albert-Camille Boulangé (sosa 2) se conforme à cette obligation le 31 mai 1941 et verse l'impôt correspondant jusqu'en 1948.

 

*Article publié dans les années 1860 dans le bihebdomadaire « Le temps » et figurant sur la revue « Nos Ancêtres – Hors-série Génium n°1 – Dec. 2004/Janv.2005

**  On peut trouver les registres de déclaration aux archives communales, série G ou L.

 

La « taxe sur les vélocipèdes » laissera  définitivement sa place en 1958… à la vignette automobile !

 

 

01:00 Publié dans HISTOIRE | Lien permanent | Commentaires (0)

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