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07/02/2009

La famille LECREQ de Bolbec

«  Bolbec est la ville qui travaille, qui gagne son pain, qui n’a pas le temps de pleurer sur le passé ou de rêver à l’avenir. Là, point de ruines, point de château, point d’abbaye ; la féodalité n’a rien à démêler avec Bolbec ; même en présence de Guillaume le Conquérant, les travailleurs de Bolbec prenaient la défense du travail.

Tout ce que l’homme peut faire de ses dix doigts, on le fait à Bolbec : toiles de ménage, indiennes, siamoises, couteaux, chapeaux, dentelles ; il y a des tanneurs, il y a des corroyeurs, il y a des tisseurs ; ses gentilshommes, ses hauts barons s’appellent Pouchet, Fauquet, Keillinger ; ces maîtres et ces gentilshommes vénérés ont pour armes la navette et le rouleau ; trois cent cinquante mille pièces d’indienne représentent leurs conquêtes de chaque année ; par l’industrie, Bolbec règne dans les vallées laborieuses de Déville, de Darnétal, de Fécamp, de Lillebonne, utile et libérale suzeraineté du travail »*.

Les ancêtres de mon arrière grand-mère, Louise LECREQ (sosa 13) (photo ci-dessous datant de mai 1920) étaient originaires de cette cité ouvrière près du Havre.

L. LECREQ 10.05.1920.JPG

La ville de Bolbec est située à la source de la rivière qui porte son nom. L’industrie textile qui s’y est développée à partir du début du 18ème siècle  utilisait les nombreux moulins qui jalonnaient ce cours d’eau. Pour preuve de l’essor de cette industrie, en 1786, elle employait à Bolbec 6800 ouvriers dont 3000 ouvriers pour la fabrique de mouchoirs, 400 pour celle du velours, 500 pour les siamoises, 1500 pour la fabrique du coutil de coton, 1200 pour les toiles de lin et 200 pour les impressions indiennes.

A la veille de la révolution française, Bolbec compte près de 18 manufactures.

A la cime de l’arbre généalogique que j’ai reconstitué concernant la famille LECREQ,  on trouve Jacques LECREPT (sosa 3328) qui a épousé à Bolbec Margueritte LUCAS (sosa 3329) le 14 octobre 1654, alors que la Roi Louis XIV règne depuis peu sur le royaume de France.

D’où vient ce patronyme de LECREQ, peu courant dans notre région ? Concernant son étymologie, plusieurs hypothèses sont avancées comme venant de « croc »,  dans le sens de la « dent » , de « crocq » dans le sens de « crochet », surnom se référant sans doute au possesseur de l’objet, ou bien encore de « Creuse » en rapport au lieu d’origine ?  Par ailleurs, on trouve nombre de porteurs de ce patronyme en Bretagne. Faut-il en déduire que c'est dans cette province que ce nom de famille est né ?

C’est toujours à Bolbec que le fils de Jacques et Margueritte,  Louis (sosa 1664),  né vers 1655/1656, épouse Suzanne QUESNEL (sosa 1665), le 7 mai 1686. De leur union, vont naître à Bolbec, entre 1687 et 1706, 12 enfants dont Guillaume (sosa 832), le 7ème de la fratrie, le 15 juin 1697.

A 29 ans, ce dernier épouse le 19 novembre 1726 à Beuzevillette, petite paroisse située à moins de 5 kilomètres de Bolbec, Anne MASSELIN (sosa 833) dont il va avoir 10 enfants. Il exerce plusieurs métiers dont celui de cabaretier.

L’aîné de leurs enfants, Pierre, (sosa 416) vient au monde le 10 août 1727 à Bolbec. Il se marie le 16 avril 1755 à Beuzevillette avec Marie Anne DUPRAY (sosa 417) dont il a 2 garçons. Il  travaille pour l’industrie textile et exerce la profession de siamoisier lorsque naît l’aîné de ses enfants, Jacques Augustin dit Pierre (sosa 208), le 12 décembre 1757.

La ville de Bolbec a beaucoup  souffert du feu. Des incendies ravagent à plusieurs reprises  la cité. Ainsi, le 31 mai 1583, après « un accident de feu », la ville est pratiquement anéantie : l’église est la proie des flammes et 800 maisons sont en grande partie détruites. Puis, le 25 juin 1676, en début d’après-midi, des flammes s’élèvent sur un millier de maisons n’en épargnant qu’une centaine. De nouveau, un troisième et grand incendie détruit une grande partie de la ville le 30 octobre 1696.

Mais le plus violent sinistre reste celui du 14 juillet 1765 qui entraîne dans la ruine et la misère la majeure partie des Bolbécais. Activé par le vent, le feu court de toiture en toiture, toutes de chaume revêtues. Trois heures suffiront pour détruire tout le bourg. Au total, avec l’Hôtel de Ville et l’église, ce sont 864 maisons qui se trouvent anéanties et 502 familles sont sans abri.

Est-ce cet incendie qui fit fuir la famille ? Est-ce la révolution ? Car c’est à Epinay-sur-Franqueville (aujourd’hui St-Aubin-Epinay, près de Rouen) que l’on retrouve notre aïeul Pierre (sosa 208), le fils de Pierre et de Marie Anne, où, laboureur, il épouse, le 20 septembre 1790, Marie Madeleine LE HALLEUR (sosa 209).  C’est aussi dans ce village qu’il disparait prématurément le 16 août 1791, à l’âge de 33 ans,  seulement 5 mois après la naissance de leur fils unique, un autre Pierre (sosa 104),  le 11 mars 1791, l’arrière grand-père de mon arrière grand-mère.

 

Descendance LECREQ

Sur 12 générations

 

Jacques LE CREPT   x  Margueritte LUCAS

Louis LE CRECQ   x    Suzanne QUESNEL

Guillaume LE CRECQ x Marie Anne MASSELIN

Pierre LE CREQ  x Marie Anne DUPRAY

Pierre LE CREQ  x  Marie Madeleine LE HALLEUR

Pierre LE CREQ  x  Rose BOULANGER

Augustin LECREQ x Louise DUFRESNE

Jules LECREQ  x Louise MORIN (Photo ci-dessous)

Louise LECREQ x Alfred JULIEN

Henri JULIEN x Blanche BENARD

Denise JULIEN x Albert-Camille BOULANGé

Catherine BOULANGé

 

 

J. LECREQ et L. MORIN.JPG

 

 * Extrait de « La Normandie » de Jules Janin publié en 1862 par Ernest Bourdin, Editeur à Paris.

Bibliographie : « Bolbec et son histoire » de Jacques Vauquelin, publié en 1974  par l’imprimerie Ferric.

Commentaires

c est super intéressant , moi j aimerai aussi savoir d ou vient ma famille et d ou provient mon nom de famille .

Écrit par : Deheulle | 19/05/2014

Je vous approuve pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

Les commentaires sont fermés.