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31/01/2009

Le château de Saint-Pierre

Dimanche dernier, à l’initiative de mes neveux Florence et David (un grand merci à eux !), la famille était réunie pour fêter la nouvelle année autour d’un bon repas et de la traditionnelle galette des rois.

En échangeant nos souvenirs d’enfance, mes frères et moi avons évoqué le bon temps passé dans le parc du château de Saint-Pierre où les arbres centenaires et les vieilles pierres ont abrités nos jeux  dans la fin des années 50.

A cette époque, l’édifice était en ruine et, de sa splendeur du passé, il ne restait plus rien ou presque.

Ce château fût bâti sur les vestiges d’un ancien manoir seigneurial à l’architecture féodale avec tours, créneaux et pont-levis édifié aux XIIe et XIIIe siècles par les descendants d’Hulin de Centville (v. ma note sur Franqueville du 31 août dernier) appartenant, dans les premières années du XIVe siècle, à l’un de Roys d’Yvetôt, Jean de Canteleu.

En 1619, la seigneurie et les ruines de ce manoir sont la propriété de Nicolas Poërier, fils du seigneur d’Amfreville, qui prend le titre de Comte de Franqueville. Il semble que c’est lui qui décida de faire édifier un château sur l’emplacement de l’ancien manoir féodal.

Il aurait été élevé en 1625 sur les plans de l’architecte François Mansart,  ce qui en ferait une de ses œuvres de jeunesse avant qu’il n’impose son talent avec la construction des châteaux de Blois et de Maisons-Lafitte.

CHATEAU FRANQUEVILLE 1.JPG

Après la mort de Nicolas Poërier, la seigneurie de Saint-Pierre demeura entre les mains de Marguerite Grisel, son épouse, qui le vendit en 1683 à Toussaint Guenet dont le fils, également prénommé Toussaint, acheva la construction du château. Après sa mort en 1710. l’une de ses filles, Marie Guenet, transmit la seigneurie à son mari le marquis Jean Eustache de Lys. Le domaine échut en 1768 à leur petite-fille Marie-Madeleine, épouse du marquis Charles de Vintimille, issu d’une des plus anciennes familles de Provence,  qui fut le dernier seigneur de Saint-Pierre.

A la révolution, Charles de Vintimille émigra, ses biens furent confisqués et vendus aux enchères en avril 1794.

Au début du XXème siècle, le château est la propriété des familles Lannes et Bardin. Il connaît, jusque dans les années 1910, splendeurs, fêtes et  chasses à courre.

 

Occupé par les troupes allemandes puis alliées pendant la seconde guerre mondiale,  il subit dès lors, d’année en année, d’inqualifiables outrages et de nombreuses déprédations. Pillé, vandalisé et finalement abandonné, il offre aux regards des Franquevillais, dans le début des années 50, un spectacle de réelle désolation : une carcasse de bois dénudés d’où émergent encore toutefois de sveltes et élégantes cheminées.

 

Nombre de Saint-Pierrais vont tenter de conserver cette pièce importante du patrimoine communal. A l’aide de pétitions, ils vont espérer le voir classé par les monuments historiques. Mais les frais de restauration sont d’une telle ampleur, qu’il n’est pas envisageable de les mener.

Sa destruction est décidée en mars 1961. 

A sa place, dès 1963, une zone pavillonnaire sera construite  « le lotissement du château ».

Aujourd'hui, il ne reste plus du Château de Saint-Pierre que trois hêtres roux sur la place portant son nom, « l’étang de l’Ile » en bordure de la route nationale et quelques cartes postales anciennes des plus précieuses !

 

CHATEAU FRANQUEVILLE 2.JPG

Biblio. :

« Franqueville au fil des ans » article de H. Dequidt publié dans le bulletin municipal de Franqueville en 1982.

« Franqueville Saint-Pierre – Les alliances de la mémoire » Edition Pierre Molkhou – Sept.2001

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