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13/01/2009

François DAMAMME, « Faiseur de sabots de paille »

François DAMAMME (sosa 40), mon aïeul, est né à Sauqueville, petit village situé près d’Offranville en Seine-Maritime, le samedi 10 septembre 1740 (soit 236 ans, jour pour jour, avant ma fille !)

Le roi Louis XV règne alors sur la France et ses sujets, sujets qui ont faim, une nouvelle disette touche le pays, sujets qui ont froid, l’hiver 1740 sera l’un des plus longs et des plus rigoureux. Et c’est cette même année qui verra le caoutchouc faire son entrée en Europe (mais, n'anticipons pas !)

Baptisé à l’église de sa paroisse le jour de sa naissance "Charles François"  a pour parrain son grand-oncle Charles DAMAMME  et pour marraine sa grand-mère maternelle, Marie LE HOUX.

Ses parents, François et Margueritte LE HOUX, ont été unis quelques mois plus tôt dans l’église d’Offranville, le 29 février 1740. Lui a 22 ans est « faiseur de sabots » et elle, à 26 ans, est l’aînée d’une fratrie de 13 enfants dont le chef de famille est tisserand.

Peu après la naissance de François, la famille s’installe à Offranville où naîtront sa sœur et ses deux jeunes frères.

Selon la légende, le premier sabotier fut Saint-René, évêque d’Angers, qui se serait retiré dans la solitude de Sorrente en Italie, vers l’an 440, pour façonner des sabots.

En France, l’usage du sabot se généralise. Il est vrai qu’un homme en consomme cinq à six paires par an. C’est dire que l’ouvrage ne manque pas ! Le sabot, chaussure saine, protégeant du froid et de l’humidité, est garni en hiver de paille ou de foin.  Les sabotiers forment un corps du compagnonnage et, pour éviter le « sabotage », c’est-à-dire la fabrication des sabots avec le bois des résineux, le métier est dès lors règlementé.

Chaque village a besoin de son sabotier et à Offranville, François, devient, tout naturellement, l’apprenti de son père, puis son successeur.

S’il n’abat pas et ne débite pas lui-même son bois, le sabotier l’achète en général sur pied et le fait transporter jusqu’à son échoppe. Il s’agit souvent de bouleau, parfois d’orme, de hêtre ou d’acacia. Le sabot de « luxe » se fabrique dans le noyer. Le peuplier est utilisé pour faire les sabots servant en milieu humide, comme pour les gens de mer, car il évite de glisser. Le chêne et le frêne sont proscrits car beaucoup trop pesants. On choisit des troncs bien droits. Le bois, entreposé à côte de la maison, est scié au fur et à mesure de la demande. On travaille le bois vert.

Fabriquer un sabot n’est pas une tâche aisée et l’apprentissage est long. La fabrique d’un sabot comporte trois étapes : la taille, la creuse et la finition et un bon artisan en fabrique 5 à 6 paires par jour

Pour la taille, une fois les bûches débitées, le sabotier dégrossit la forme à l’aide d’une hache à manche très court terminé par une boule pour contrebalancer le poids du tranchant. L’herminette sert ensuite à dégager le talon. Le paroir, sorte de lame tranchante de 80 centimètres, fixée à une extrémité, entre alors en action dans les mains habiles du sabotier pour donner la forme extérieure définitive du sabot. La « creuse » est l’opération qui consiste à « vider » l’intérieur du sabot. Elle donne la forme au pied.  Elle s’amorce à la tarière, sorte de vrille de 40 centimètres, puis se continue à la cuiller, outil tranchant également, qui peut avoir plusieurs gabarits. Le boutoir et le ruine (ou rouanne) permettent d’accéder au fond du sabot. Enfin, la « finition » ou « pare » s’effectue quand les sabots sont bien secs.  A l’aide d’un racloir, on fait disparaître les coups de paroir pour obtenir une surface bien lisse. Enfin, le séchage qui permet au bois de durcir.

L’apprenti « creuse » et « finit » pendant 4 ou 5 mois, ensuite il « taille » pendant deux ans.

Le 13 novembre 1770, âgé de 30 ans, François épouse dans l’église St-Ouen d’Offranville Marie Margueritte ETANCELIN, jeune fileuse de 22 ans. Ensemble, ils auront 10 enfants. Il se remarie le 11 août 1783, six mois seulement après le décès de son épouse, avec une autre jeune fileuse, Catherine LE SOUT. De cette nouvelle union, naîtront 7 autres enfants !

En 1783, le curé d’Offranville écrivait de lui « Faiseur et vendeur d’excellents sabots de paille ! »

 

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François est décédé dans sa maison d’Offranville le 4 novembre 1810 : il avait 70 ans.

Le sabot connaîtra encore une période faste jusqu’à la Grande Guerre. Le déclin s’amorcera dès les années 50 avec la généralisation de l’usage du tracteur pour lequel les bottes (en caoutchouc) sont plus pratiques que les sabots !

 

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Commentaires

Je vous complimente pour votre critique. c'est un vrai travail d'écriture. Développez .

Écrit par : cliquez ici | 11/08/2014

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