Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/01/2009

Un casse-tête pour le généalogiste : les enfants naturels

Au cours de ses recherches, on se heurte quelquefois à l’irritant problème de la légitimité d’un personnage. « Simple bâtard » ou « enfant incestueux », il convient de bien établir les différences, les nuances, les graduations dans l’état non légitime d’un enfant.

 

ENFANT NETUREL.JPG

Illégitime veut dire « hors du mariage », donc l’enfant illégitime est un enfant né hors d’une union légitime, hors mariage. Suivant la situation occupée par ses parents, suivant nos lois religieuses ou civiles, on distingue plusieurs catégories :

L’enfant naturel : c’est celui que la « vox populi » nomme « bâtard » (de « bast », vieux français qui veut exprimer une idée de mépris). En fait, pendant longtemps, c’était un état reconnu, que certains portaient presque comme un titre, à l’instar de Guillaume le Bâtard conquérant de Dunois. Jusqu’au début du XVIe siècle, dans certaines familles, le terme « Petit », accolé à un nom patronymique comme Jean Petit-Durand, révèle une origine illégitime. De même, la terminaison « et » pourrait également indiquer semblable origine, comme celle en « at », dans le midi.

Il existe trois sortes d’enfant naturel :

1)     l’enfant naturel né de père et mère inconnus ;

2)     l’enfant naturel issu de deux personnes non mariées mais connues ;

3)     l’enfant naturel dont un seul des parents est connu.

Ce dernier cas, courant pour la mère, est plus rare pour le père. En effet, sous l’ancien régime, lorsque la mère donnait le jour à un enfant non légitime, elle devait lors du baptême de l’enfant, et quand elle le connaissait, déclarer le nom de son suborneur sous peine d’astreinte.

L’enfant naturel peut être

1)     adultérin : issu de deux personnes dont l’une au moins est mariée, voire les deux, ce qui était le cas des enfants nés de Louis XIV et de Madame de Montespan.

2)     incestueux : c’est-à-dire né de deux proches parents (père et fille, frère et sœur, oncle et nièce, …). Etaient également réputés incestueux, jusqu’à la fin de l’ancien régime, les enfants nés d’un prêtre ordonné, d’un religieux ou d’une religieuse.

A cela s’ajoute :

- l’enfant légitime devenu illégitime : soit issu d’une union faite en dehors des lois du Royaume et annulée par le Pape, soit né de mariage dit « secret», mariage qui se pratiquait jusqu’à la chute de la monarchie, lorsque deux fiancés, dont la famille retardait l’union ou la désapprouvait, décidaient de se marier en dehors de leurs paroisses et sans la dispense du curé de leur paroisse d’origine. Parfois, ces mariages étaient célébrés une seconde fois, en règle cette fois-ci, afin de régulariser l’état des enfants nés entre les deux cérémonies.

- l’enfant légitime désavoué : cas d’un enfant dont les parents ou l’un des parents demandent le rejet de paternité.

La légitimation a pour effet de faire considérer l’enfant comme né pendant le mariage de ses parents. En sont exclus, les enfants incestueux et adultérins. La légitimation fait appel, en amont ou lors de la célébration du mariage, a la reconnaissance, acte authentique par lequel le père et/ou la mère reconnaît son enfant comme sien. Les enfants légitimés obtiennent les mêmes droits que ceux légitimement nés.

Gravure : "Le Fruit de l'Amour Secret", Nicolas Voyez le jeune d'après Pierre-Antoine Baudouin, XVIIIe siècle in "Les enfants du secret - Enfants trouvés du XVIIe siècle à nos jours", Catalogue de l'exposition de Rouen, Musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine,  du 18 janvier au 14 juin 2008

Commentaires

Je vous félicite pour votre recherche. c'est un vrai travail d'écriture. Poursuivez .

Écrit par : MichelB | 13/08/2014

Les commentaires sont fermés.